Brièvement : les Guerres médiques (490-479 av J.C)

Brièvement : les Guerres médiques (490-479 av J.C)

En 499-498 av J.C, les Athéniens aidèrent une révolte ionienne, partie de l’immense Empire Perse des Achéménides. Darius Ier, Grand Roi perse, tenait son prétexte pour envahir la Grèce. En 490 av J.C, Athènes, considérée comme l’ennemie à châtier, les Achéménides débarquèrent non loin de la cité-état, à Marathon. Après des hésitations, 10 000 hoplites athéniens furent dépêchés sur place. Seulement ceux-ci, sur une position surplombant la plage de marathon, n’avaient aucun intérêt à mener un assaut contre un ennemi plus nombreux et disposant d’archers mais surtout d’une cavalerie conférant un large avantage. Alors on patienta. Les Athéniens attendaient des renforts spartiates qui, au demeurant, étaient retardés par des fêtes religieuses (dont l’importance surpassait l’urgence militaire). Les Perses, eux, attendaient une trahison interne des Athéniens pro-perses, dans Athènes.

Empire perse des Achéménides à l’apogée
Carte de l’Attique

Finalement, les Perses décidèrent de scinder l’armée en deux, faisant rembarquer une large partie de la cavalerie pour la faire débarquer plus au sud et ainsi prendre à revers la position athénienne surplombant Marathon. Une telle décision a pour conséquence un dangereux affaiblissement de la force faisant face aux redoutables hoplites athéniens. Telle occasion ne saurait être manquée par de bons stratèges. Parmi ces stratèges, Miltiade, expert des Perses, renseigna les Athéniens sur la formation qu’adopteraient les Perses au combat. Leur technique consistait à mettre les unités d’élite au centre. Alors, les ailes athéniennes étaient renforcées tandis que le centre devait tenir. Pour tenir, les meilleurs hommes furent choisis : ceux de Thémistocle et Aristide. Les Perses ainsi vaincus sur les ailes, le centre surmené et en infériorité numérique céda à son tour. La victoire acquise, les Athéniens devaient encore empêcher un second débarquement de l’autre partie de l’armée. Bien qu’ayant combattu des heures durant, les Athéniens coururent les 38km séparant la plage de Marathon d’Athènes et arrivèrent avant la flotte perse. Stupéfait, le général perse comprit que son armée était défaite et s’en retourna en Asie, clôturant la Première Guerre médique : partie remise. Les Spartiates arrivèrent trop tard.

Darius Ier passa l’arme à gauche. Son successeur, Xerxès, était connu pour son efficacité et décida de laver l’honneur de son défunt père en attaquant de nouveau la Grèce. Athènes, dont l’homme fort était désormais Thémistocle, redoutable militaire et politicien, avait significativement renforcé sa flotte. En 480 av J.C, une immense armée perse passa en Europe. Le nord et une grande partie du centre de la Grèce collaborèrent sans opposer de résistance. Xerxès descendait vers Athènes avec une colossale armée (pour l’époque) de 210 000 hommes environ. Une impressionnante flotte (pour l’époque), estimée à 653 navires, suivait l’armée pour la ravitailler. La ligue grecque, dont Athènes et Sparte représentaient les membres les plus importants, se préparait au choc. Sur terre, le roi de Sparte en personne, Léonidas, avec 300 hoplites spartiates du corps d’élite et, en tout, une armée d’environ 6 000 combattants, devait tenir les Thermopyles. Cette armée n’était censée être qu’une avant-garde, les jeux olympiques (aussi importants que les fêtes religieuses) empêchant momentanément Sparte d’envoyer le gros de son armée. Sur mer, la flotte de la ligue, dont le contingent principal était celui d’Athènes, était dirigée par l’amiral spartiate Eurybiade. Du moins en théorie. Thémistocle en était l’amiral officieux. La flotte devait tenir à l’Artémision, pour ne pas compromettre la position de Léonidas.

Trajet des Perses (rouge) et de la ligue (bleu) pour les batailles de l’Artémision, des Thermopyles, de Salamine et de Platées

Le 18 août 480 av J.C, Xerxès attaqua frontalement Léonidas aux Portes chaudes, terrain si étroit que le nombre ne faisait plus de différence et Thémistocle attaqua la flotte perse à l’Artémision. 271 navires, 65 000 hommes, formaient la flotte de la ligue, contre une flotte perse ayant souffert d’une tempête mais engageant toujours plus de 600 vaisseaux. Thémistocle, par des combats intelligents, brefs et surprenants, avec des stratégies peu communes, parvint à arracher une égalité à l’Artémision. De fait, c’était surtout une énorme victoire morale pour les Grecs. Malheureusement pour eux, Léonidas, trahi par Ephialtès, avait vu sa position tournée par les Perses et avait péri avec une partie de son armée, après 3 jours d’une superbe résistance. Si Léonidas était resté ce 20 août, savant pertinemment que les Perses connaissaient désormais le passage permettant de contourner sa position, c’était pour couvrir la majorité de son armée qui refluait. Ainsi, environ 1 200 hommes couvrirent au prix de leur vie la retraite d’environ 4 800 autres. Les Thermopyles tombées, la flotte devait reculer également. Thémistocle, menaçant de la défection de son crucial contingent athénien, obligea la flotte grecque à stationner à Salamine, non loin d’Athènes, un passage si étroit que la supériorité numérique perse non seulement ne comptait plus mais devenait même encombrante. Il avait gardé des navires en réserve et pouvait ainsi en aligner 311.

Bataille de Salamine 480 av J.C

Les Thermopyles tombées, Xerxès put envahir l’Attique et mettre le feu à Athènes, désertée de ses habitants. L’été s’achevant, Xerxès se devait de remporter une victoire à Salamine. Thémistocle rusa en promettant sa trahison de la cause grecque à Xerxès s’il attaquait. Une révolte grondait en Asie Mineure (Turquie actuelle). Xerxès se devait d’en finir et de croire Thémistocle. Il attaqua frontalement avec sa flotte, encouragé par une fausse fuite grecque. De suite, la flotte perse fut décapitée de son meilleur contingent : l’amiral Phénicien fut l’un des premiers hommes à périr à Salamine. La cohésion des Phéniciens perdue, c’est toute la flotte perse qui partit en déroute progressivement. La flotte perse perdit environ 200 navires à Salamine. Cette défaite décisive força Xerxès à un repli en Asie mais en aucun cas à un abandon de la Grèce centrale et du nord, toujours sous son joule. Mardonios, son belliqueux cousin, fut nommé vice-roi de ces terres qu’il devait tenir avec 30 000 hommes d’élite.

Carte récapitulative des Guerres médiques (490-479 av J.C)

Mardonios essaya de désolidariser les Athéniens et les Spartiates, espoir totalement fondé, mais n’y parvint pas. Alors il captura Athènes et y mit feu à nouveau en 479 av J.C. Une nouvelle armée de la ligue, dirigée par le régent de Sparte, Pausanias, formée de 10 000 Spartiates, 8 000 Athéniens et d’autres contingents moins conséquents, poursuivit Mardonios. Celui-ci dirigeait 50 000 hommes, 20 000 Grecs collaborationnistes s’étant joints à son armée. Mardonios s’installa derrière l’Asopos, Pausanias sur les pentes du Cithéron, surplombant l’armée achéménide. Après plusieurs jours de coups de main, Pausanias mima une fuite, provoquant la bataille de Platées. Cette bataille fut séparée en deux : les Perses luttaient contre les Spartiates de Pausanias d’un côté et les Grecs collaborationnistes luttaient contre les Athéniens d’Aristide (et progressivement d’autres contingents) de l’autre. Des deux côtés, la victoire fut acquise par la ligue et Mardonios tomba au combat. La victoire de Platées signait la retraite définitive des Perses. Pourtant, un dernier affrontement, mené par l’amiral spartiate Léotychidès, se déroula en Asie Mineure. A Mycale, 5 000 Grecs de la ligue affrontaient, sur terre, 10 000 Achéménides. Mais parmi eux, des Grecs qui trahirent les Perses, renversant le cours de la bataille. Les victoires de Platées et Mycale en 479 av J.C clôturèrent la Seconde et dernière Guerre médique.

10 figures historiques principales :

Miltiade (540-489 av JC) : stratège athénien à Marathon, spécialiste des tactiques perses.

Aristide (v550-467 av J.C) : stratège athénien durant Marathon et Platées.

Léonidas : roi de Sparte (489-480 av J.C) ayant combattu aux Thermopyles.

Thémistocle (v524-459 av J.C) : stratège athénien à Marathon, amiral et politicien, artisan de la victoire morale de l’Artémision et de la victoire décisive de Salamine.

Eurybiade (?- ?) : spartiate amiral en chef de la ligue.

Pausanias (? – 469 av J.C) : régent de Sparte à la mort de Léonidas, général en chef à Platées.

Darius Ier : Grand Roi de l’Empire perse Achéménides (521-486 av J.C), vaincu à Marathon.

Xerxès Ier : Grand Roi de l’Empire perse Achéménide après Darius (486-475/465 av J.C), vainqueur aux Thermopyles, vaincu à Salamine.

Artémise d’Halicarnasse (484-v460 av J.C) : seule amirale perse, la plus sage et réfléchie, vaincue à Salamine.

Mardonios (?-479) : vice-roi de la satrapie de Grèce, vaincu et tué à Platées.

5 dates importantes :

Bataille de Marathon : 490 av J.C.

Bataille des Thermopyles : 480 av J.C.

Bataille de l’Artémision : 480 av J.C.

Bataille de Salamine : 480 av J.C.

Bataille de Platées : 479 av J.C.

Source (texte) :

Green, Peter (2012). Les Guerres médiques. Paris : Tallandier, 448p.

Résumés affiliés :

Article sur le contexte précédant les Guerres médiques
Article traitant de la Première Guerre médique et de Marathon
Article sur l’entre-deux-guerres
Article traitant du début de la Seconde Guerre médiques
Article traitant du tournant de la Seconde Guerre médique : Salamine
Article sur la fin de la Seconde Guerre médique

Sources (images) :

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/03/01/pourim-si-on-ote-les-masques/empire-perse/ (empire Perse à son apogée, à la mort de Darius Ier)

https://lewebpedagogique.com/asoulabaille1/niveau-6e/histoire/grece-antique/la-bataille-de-marathon/carte-marathon/ (carte de l’Attique)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Thermopyles#/media/Fichier:Battle_of_Thermopylae_and_movements_to_Salamis_and_Plataea_map-fr.svg (trajet des deux armées)

https://885bc29b-a-62cb3a1a-s-sites.googlegroups.com/site/chronautes/raconter-la-bataille-de-salamine/Passe%20de%20salamine.jpg?attachauth=ANoY7crN3PaTVck1GDANzJCabl74RQCfEWBirWY1ZH56TUrSYzGDRJQBT6mbFDsfyzvHZ6PPPn9K5G9CNfWqGyfc9zb2Y8YmJoeSF1RgsHuJfb2YCOjOcMIa2UJYEK4bF7BSu0Px3KO2_T3XiNAKDrHnY0n4Ljv4MR4Sm7lrIGOaWeQn2ETvqugqynuiZRbyWTLcG3aoOdVLu5X8xA3XcEO-p4mGHkAwUHhn3jv_jZ-IzUq4lcndV4gvBpdFTUxkX4lv0l1r-mO6glNatoRgx9RfmgpftEnAkw%3D%3D&attredirects=0 (Salamine)

https://www.historia.fr/carte-blanche-%C3%A0-franck-ferrand/lhistoire-bascule-%C3%A0-salamine (carte, résumé des Guerres médiques)

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