L’histoire du pétrole (partie XII) : émergence des relations américano-saoudiennes (1933-1950)

L’histoire du pétrole (partie XII) : émergence des relations américano-saoudiennes (1933-1950)

Rappel : En Europe, malgré la bataille d’Angleterre toujours en cours, l’Allemagne nazie se tourna vers l’Europe orientale pour des raisons idéologiques autant qu’économiques. Hitler lorgnait sur le pétrole caucasien soviétique (Grozny et Bakou). Berlin pensait l’Armée rouge faible, comme l’avait démontré la guerre d’Hiver ayant opposé l’URSS à la Finlande (novembre 1939 – mars 1940). C’était sous-estimer le réservoir humain soviétique et l’immensité du territoire à envahir. Bien qu’ayant rassemblé la plus grande armée d’invasion de l’Histoire, le Reich, très peu doté en pétrole, lança ses blindés à travers champs en juin 1941, dépensant une immense quantité de carburant et allongeant les lignes d’approvisionnement dont les camions, cibles de choix des partisans, consommaient déjà une part de l’essence qu’ils portaient vers le front. L’hivers russe ajouta à cette sinécure le gel du pétrole dans les moteurs des unités de la Wehrmacht. Arrêtés devant Moscou en décembre 1941, les Allemands mirent le cap sur le pétrole de Bakou, en passant par Stalingrad. Mais, ironiquement, l’Allemagne manqua de pétrole pour glaner davantage de pétrole. Au surplus, la Wehrmacht manqua également de pétrole pour se dégager de Stalingrad, qui fut une catastrophe militaire. De manière générale, l’URSS, sous la cruciale assistance matérielle américaine, formait une force formidable. Rommel, partant de la Tunisie, fit face à des problèmes analogues en Afrique du Nord, visant la Mésopotamie riche en pétrole mais n’en disposant pas d’assez pour atteindre ce Graal. La marine britannique œuvrait en Méditerranée, coulant la majorité des navires de ravitaillement allemands. Les Alliés s’assurèrent également la maîtrise de l’Irak et de l’Iran, dont les régimes étaient trop proches de Berlin. Outre-Atlantique, les Etats-Unis donnèrent garanties et fonds pour faire bondir la production pétrolière et l’industrie d’armements de manière spectaculaire. En Europe, l’industrie allemande se montra résiliente grâce à l’ingéniosité de Speer et malgré les bombardements des Alliés. Mais l’étranglement et les tonnes de bombes eurent finalement raison du Reich. Après le débarquement de Normandie (6 juin 1944), les oléoducs des Alliés donnaient à leurs armées des millions de litres de pétrole, là où les Allemands se repliaient à pied ou en bicyclette, leurs rares véhicules étant condamnés à l’arrêt. Un dernier sursaut dans les Ardennes menaça le front de l’Ouest, en vain. Le Japon faisait face à la même limite. Les Etats-Unis ciblèrent d’emblée les pétroliers nippons, coulant toute la flotte de tankers et étranglant le régime. L’aviation n’avait plus assez de carburant pour entrainer les pilotes ou leur offrir un voyage retour, donnant naissance aux kamikazes. Les Etats-Unis accablèrent bientôt le Japon avec des bombes au napalm, de l’essence gélifiée, faisant bien plus de morts que les deux déflagrations nucléaires. En Europe comme dans le Pacifique, la Seconde Guerre mondiale fut une guerre du pétrole et les principaux producteurs en furent les vainqueurs. En somme, l’Axe n’avait pas les moyens énergétiques de ses ambitions.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, alors que les compagnies américaines s’intéressaient à l’Arabie saoudite, le jeune royaume voyait ses sources de revenu (la taxe sur les pèlerins et les royalties versées par la California-Arabian Standard Oil Company (Casoc)) se tarir. Une aide britannique fut la bienvenue pour Rijad. La Casoc, formée de Texaco et de SoCal, craignit alors de voir Londres, qui contrôlait la majeure partie du golfe persique, la chasser d’Arabie. Le 9 avril 1941, les deux entreprises américaines tentèrent de convaincre Roosevelt d’aider le royaume pour assurer leur place ; le président refusa, jugeant que « Cela n’aurait pas servi l’intérêt de la nation d’étendre notre aide financière à une société arriérée, corrompue et non démocratique telle que l’Arabie saoudite. » ; puis écrivit en juillet à son secrétaire du Commerce : « Jesse, peux-tu dire aux Britanniques que j’espère qu’ils peuvent s’occuper du roi d’Arabie saoudite. C’est un peu trop loin pour nous ! FDR ». Pourtant, un an et demi plus tard, Roosevelt accorda à l’Arabie le prêt-bail, programme réservé aux démocratie alliées (et dont bénéficiait également l’URSS). Le 18 février 1943, il déclara la « défense de l’Arabie saoudite vitale pour la défense des États-Unis ». Fin 1942, alors que Rommel menaçait Suez, Harold Ickes prit la direction de la Petroleum Administration for War et écouta les patrons de Texaco et de SoCal. Le meilleur géologue américain, DeGolyer, fut dépêché sur place et confirma l’existence d’un stock fabuleux d’or noir : 25, peut-être 100 milliards de barils. Des réserves sans commune mesure avec celles du Texas. DeGolyer assurait qu’il y avait en Arabie saoudite au moins quatre fois plus de pétrole que le total des réserves prouvées que contrôlaient jusque-là les compagnies américaines dans le monde. Deux semaines avant l’accord du prêt-bail signé avec l’Arabie saoudite, Washington reçut d’un analyste de la mission, DeGolyer : « Le pétrole de cette région constitue le plus grand trésor de toute l’histoire. » Comme DeGolyer, nombre de hauts gradés avaient compris que le centre de gravité de la production mondiale de pétrole allait se déplacer au Moyen-Orient.

Du reste, les États-Unis fournirent plus de 90% du pétrole des Alliés durant la guerre et ce, malgré le déclin des champs américains et la nationalisation du brut mexicain (un des premiers producteurs mondiaux). Mais s’il devait advenir une Troisième Guerre mondiale, l’Oncle Sam devrait la faire avec le pétrole d’un autre. Il apparut ainsi aux États-Unis, en 1943, que « L’acquisition de réserves de pétrole hors de nos frontières est devenu […] une priorité vitale ». Alors, allant à l’encontre de l’habitude américaine et essuyant pour cela nombre de critiques, Washington décida de nationaliser 100% de la concession de SoCal et Texaco en Arabie saoudite. Ces dernières désiraient susciter l’intérêt de la Maison-Blanche et y étaient parvenues avec trop d’efficacité. Alors, fin 1943, Rommel ayant été repoussé devant l’Egypte, les compagnies pétrolières entamèrent une intense campagne de lobbying pour empêcher cette nationalisation. L’Etat avait besoin de Big Oil pour finir la guerre. Partant, Ickes abdiqua son projet, du moins presque. Il proposa que le gouvernement construise à ses frais un oléoduc de 2 000 km reliant les puits d’Arabie à la Méditerranée, sans passer par Suez. En échange, Casoc devait réserver 1/5e de sa production à un prix d’ami pour l’US Navy. Pour cela, il fallait trouver un accord avec les Britanniques qui contrôlaient le territoire menant à la Méditerranée (Egypte, Jordanie, Palestine). Malgré une grande méfiance, Américains et Britanniques parvinrent à un accord le 8 août 1944. Celui-ci consistait en un contrôle total et entendu, par les compagnies anglo-saxonnes, de la production du Moyen-Orient, ni plus ni moins. Une telle régulation devait dépendre d’une « Commission pétrolière internationale ». L’opposition interne, dénonçant l’« approche fasciste » et l’impérialisme américain, fut fatale au projet.

En février 1945, Sa Majesté Abd al-Aziz Al Saoud quitta son royaume pour la troisième fois de sa vie et non sans appréhension qu’on en profite pour le détrôner. Il amena avec lui des otages de deux tribus turbulentes, les Mutaïr et les Béni Khalid, pour s’assurer une relative tranquillité. La motivation de cette escapade était importante : rencontrer le président Roosevelt sur son navire, le Quincy, alors que celui-ci quittait juste la conférence de Yalta. Faisons un court aparté pour comprendre comment nous en sommes arrivés là. En 1744, Mohammed Ibn Saoud, chef d’un petit village et ancêtre d’Al Saoud, s’était allié à Abd al-Wahhab, imam fondateur du « wahhabisme », courant islamique radical. Dans les années 1910, la maison Saoud avait lutté avec les combattants Ikwan fanatiques pour constituer une communauté sédentaire. Seulement, les Ikwan, pour beaucoup de la tribu Mutaïr, n’obéissaient pas et massacraient. Alors, le 29 mars 1929, Al Saoud combattit les Ikwan, opposés au progrès, avec des mitrailleuses occidentales durant la bataille de Sabilla. Cette entente trouble avec les fanatiques religieux allait demeurer un pilier et un poison de l’Arabie saoudite.

Avant la proclamation du royaume, des Britanniques sondèrent le sol saoudien. A cette heure, la crise de 1929 ayant encore des répercussions, l’industrie ne se montra pas pressée d’aggraver la surproduction. Les Britanniques furent alors méprisants avec les Saoudiens, tandis que les Français, actionnaires de l’IPC (Iranian Petroleum Company), ne voulurent pas briser l’accord « de la ligne rouge ». Alors, Al Saoud se tourna vers les Américains, qui virent à leur tour prospecter le sol saoudien dès 1933. La SoCal, qui ne faisait pas partie des actionnaires de l’IPC s’empressa d’accepter la première concession saoudienne en août 1933 en échange d’un prêt de 50 000 livres et un loyer annuel de 5 000 livres, payé en or. Ayant des capacités limitées, la SoCal fut épaulée par Texaco à partir de 1936 ; cette dernière acquit 50% de la California-Arabian Standard Oil Company (Casoc). Le premier puits fut foré le 4 mars 1938. Satisfait, Al Saoud étendit la concession américaine exclusive à 1.15 million de km2 en 1939, soit plus de la moitié du pays. Début 1944, la Casoc changea de nom pour Aramco (Arabian-American Oil Company). Ainsi, deux siècles après l’accord entre son ancêtre et al-Wahhab, Al Saoud, qui avait lui-même guerroyé vingt années durant pour obtenir la fondation de son royaume en 1932, allait rencontrer le dirigeant de la première puissance mondiale.

Abd al-Aziz Al Saoud (1876-1953), roi d’Arabie saoudite (1932-1953).

Sur le Quincy le 14 février 1945, Al Saoud et Roosevelt s’entendirent à merveille et eurent une longue discussion mais évitèrent presque le sujet du pétrole, Al Saoud préférant se plaindre de Churchill et de l’immigration juive vers la Palestine, qu’il voyait comme un facteur inévitable de guerre. Pourtant, le sujet pétrolier était capital et, nous l’avons vu, fort peu nouveau. Roosevelt se contenta de deux promesses : le gouvernement américain ne changera jamais sa politique en Palestine sans consulter les Arabes et les Juifs et n’entreprendra jamais quoi que ce soit d’hostile envers les Arabes. Al Saoud parut satisfait. Pour Roosevelt, l’essentiel était acquis : l’Arabie saoudite avait clairement troqué Londres pour Washington et l’Aramco était assurée de pouvoir opérer. Le New York Times ne s’y trompa pas, assurant qu’hormis les Philippines, « l’Arabie saoudite pourrait bien se révéler être la zone étrangère la plus intéressante pour les États-Unis durant ce siècle ». Roosevelt, épuisé de ses voyages, s’éteignit le 12 avril 1945.

Pacte du Quincy, 14 février 1945.

Après la guerre, SoCal et Texaco purent exploiter la source de pétrole qui était à la fois la plus grande et la moins chère à extraire de la planète, fournissant l’excellent « Arabian Light ». Seulement, les deux compagnies américaines n’avaient pas de réseau en Europe, où le plan Marshall, qui consistait pour moitié en des livraison de pétrole, allait pousser une demande très élevée. En 1946, non sans réticence, les deux entreprises acceptèrent d’élargir l’alliance à la Jersey Standard, disposant d’un meilleur réseau, et la Socony-Vacuum (ex New York Standard, future Mobil). D’un côté comme de l’autre, l’alliance valait mieux que la concurrence qui, elle, aurait affaibli tout le monde. En 1947, l’Aramco posa l’oléoduc voulu par Ickes par l’intermédiaire de la Trans-Arabian Pipeline Company (Tapline), fondée en juillet 1945, et la Bechtel, ayant déjà bâtit l’immense barrage Hoover sur le fleuve Colorado dans les années 1930. L’oléoduc, déroulé sur plus de 1 200 km, devint le plus grand de la planète. Son tracé, allant jusqu’au Liban en passant par la Syrie, évitait opportunément la Palestine. L’administration Truman, pro-pétrole, décida de ne pas réactiver la législation américaine antitrust pour cette alliance de quatre des cinq plus grands pétroliers américains. En revanche, l’accord de la ligne rouge pour tous les actionnaires de l’IPC, dont faisaient partie la Jersey Standard et Socony, fut un obstacle plus conséquent, l’Arabie saoudite étant un ancien territoire ottoman. Les Britanniques de la Shell et de BP ne posèrent que peu de problèmes : ils considéraient déjà l’Arabie comme un marché perdu. Un mythe perdurait chez les Arabes, qui estimaient les États-Unis non impérialistes, les entreprises pétrolières indépendantes agissant sans contrôle étatique. Washington s’appliqua à entretenir le plus longtemps possible ce fourvoiement. Shell et BP lâchèrent contre quelques contrats avantageux. En revanche, les Français et Calouste Gulbenkian ne voulaient rien entendre, débutant les plus âpres négociations de l’histoire du pétrole.

Les avocats de la Jersey et de Socony crurent tenir l’argument imparable : les avoirs de la CFP et de la holding de Gulbenkian ayant été saisis par Londres pendant la guerre et seulement restitués à la Libération, cela représentait une rupture avec l’accord de 1928. L’argument ne passa pas. Immédiatement après la guerre, de Gaulle, chef du gouvernement français provisoire, voulu obtenir une compensation pour la production de l’IPC à laquelle la France n’avait pas pu avoir accès durant la guerre. Les avocats de la CFP s’attaquèrent au siège de l’IPC en janvier 1947 et l’ambassadeur français se plaignit très publiquement à Washington. Alors, la diplomatie américaine proposa que Socony rachète les parts de la Jersey Standard dans l’IPC pour libérer cette dernière de ses obligations, chose que la Jersey et Socony refusèrent. Après de longues négociations, les Américains parvinrent à convaincre les Français en finançant de quoi rapidement développer les extractions d’Irak, satisfaisant ainsi les demandes de de Gaulle. Sûrement les Français, bénéficiant pleinement du plan Marshall, ne voulurent pas non plus s’aliéner Washington. Gulbenkian fut le dernier à lâcher. Monsieur Cinq Pourcent affronta seul les plus puissantes compagnies américaines pendant encore une année. Gulbenkian craignait que malgré les promesses sur la liberté de compétition, les Américains ne finissent par développer la production saoudienne et restreindre celle d’Irak. Il avait parfaitement raison, nous le verrons. Gulbenkian fit donc monter les enchères. En novembre 1948, Gulbenkian céda enfin. Un rapport du Sénat américain reconnut plus tard que la France ne pardonna jamais aux États-Unis de les avoir exclus de l’Arabie saoudite. La découverte – trop tardive – de pétrole en Algérie (1957) fit dire à de Gaulle que la ressource pouvait « changer le destin » de la France. Que serait-il advenu si Paris avait eu accès au pétrole saoudien ? Ou, à défaut, à celui d’Algérie ?

En décembre 1948, la SoCal et Texaco vendirent 40% d’Aramco à la Jersey et Socony pour environ 500 millions de dollars, montant alors exorbitant mais pourtant si faible comparé aux bénéfices que les majors allaient en dégager. Car céder 40% d’Aramco revenait à céder 40% du cinquième des réserves jamais découvertes. La Jersey, SoCal et Texaco détenaient 30% et la Socony, qui avait tergiversé, 10%. Des tergiversations qui cantonneront longtemps Socony à un rang de second rôle. Notons que de ces quatre majors, trois – Jersey, Socony, SoCal – étaient les principaux rejetons de l’empire Rockefeller. Ce fut également en 1948 que fut trouvé Ghawar, le plus vaste gisement pétrolier jamais trouvé, s’étendant sur 30 km de large pour plus de 300 km de long. Ghawar fournit à lui seul 60% des extractions saoudienne et reste à ce jour inégalé. Entre 1951 et 2005, pas moins de 30 milliards de barils furent extirpés par l’Arabie saoudite de Ghawar. Ceci dit, le champ, soumis à peu de pression souterraine, nécessitait l’injection journalière de 7 millions de barils d’eau pour pousser le pétrole vers la surface.

Carte des ressources hydrocarbures au Moyen-Orient.

Si les États-Unis étaient les premiers producteurs de pétrole durant la Seconde Guerre mondiale, ils ne le furent qu’avec 10% des réserves mondiales de brut. En 1950, les majors disposaient de 50% des réserves grâce au pétrole saoudien. En 1951 déjà, Aramco supplanta la Créole, filiale de la Jersey au Venezuela, comme premier producteur de pétrole. C’est ainsi que le Moyen-Orient apparut comme une intérêt stratégique crucial pour Washington. Le plan Marshall, qui permit la reconstruction de l’Europe occidentale et reposa grandement sur l’or noir, rapporta en 1953 un prix Nobel de la paix à celui qui avait été chef d’état-major pendant toute la Seconde Guerre mondiale : George C. Marshall. Les États-Unis en profitèrent pour économiser leur pétrole, pour le garder pour l’unique usage interne. En 1946, 77% du pétrole consommé par l’Europe était américain. En 1950, le Vieux Continent était presque exclusivement dépendant du pétrole arabe. De son côté, Washington s’abstint pendant encore une génération d’être dépendant. Pourtant, la dépendance menaçait : dès les années 1920, les États-Unis avaient importé une partie de leur consommation. En 1948, 6% du pétrole utilisé aux États-Unis était importé. Mais un danger bien plus important émergea dans les pays non-occidentaux : les velléités d’équité quant à la rente pétrolière et l’utilisation de l’or noir comme arme géopolitique.

Sources (texte) :

Auzanneau, Matthieu (2021). Or noir, la grande histoire du pétrole. Paris : La Découverte, 890p.

LeVine, Steve (2007). The Oil and the Glory, the pursuit of empire and fortune on the Caspian Sea. New York : Random House, Inc., 472p.

Sources (images) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelaziz_ibn_Saoud (Al Saoud)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_du_Quincy (pacte du Quincy)

https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Regions-petroliferes-au-Moyen-Orient.html (réserves hydrocarbures)

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