L’histoire du pétrole (partie XVI) : un âge d’or de l’or noir (1950-1970)
Rappel : Les Rockefeller, disposant de moyens considérables, s’impliquèrent dans la philantropie, le développement des technologies et de la science économique. Ils se placèrent à la tête des institutions qui décidaient de la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale (notamment les banques). L’avocat d’affaire McCloy passa par la présidence de la Banque mondiale, puis dirigea le secteur américain en Allemagne (où il libéra nombre de criminels nazis), avant de diriger la Chase, de retour aux Etats-Unis et de conseiller le président Kennedy. Dean Rusk, président de la fondation Rockefeller, fut par la suite à la tête de la diplomatie sous Kennedy. Henry Kissinger, longtemps le protégé de Nelson Rockefeller, gouverneur de New York qui lorgnait sur la présidence du pays, fut débauché par le président Nixon pour son expertise géopolitique ; et en fit le dirigeant du National Security Council. Mais l’influence des pétroliers indépendants du Texas dépassa bientôt celle des rejetons de la Standard Oil. Ainsi, les pétroliers texans portèrent trois politiciens au pouvoir : Lyndon Johnson, Richard Nixon et George H. W. Bush. Johnson avait obtenu, pour la campagne de Roosevelt, les financements de pétroliers texans ; il avait ensuite été sénateur démocrate du Texas pendant douze ans et s’était battu pour l’abattement pour déplétion (déduction fiscale de 27.5% des revenus pétroliers au titre de l’épuisement des réserves, véritable manne financière pour le secteur pétrolier et manque à gagne immense pour l’Etat). Devenu vice-président de Kennedy, il vit le président s’attaquer à la déplétion et à l’astuce en or, s’aliénant tous les pétroliers. Kennedy fut assassiné à Dallas en 1963. Johnson prit sa place et abandonna les combats de son devancier. Nixon, qui s’éleva politiquement en Californie, autre terre de pétrole, soutint également la déplétion et vit sa campagne largement financée par l’industrie pétrolière. Bush, pétrolier lui-même, avait pour père un sénateur ayant aidé à financer le régime nazi (il fut protégé par Dulles, McCloy et Roosevelt à ce sujet) et ayant certainement aidé la CIA avant de soutenir l’étoile montante Nixon. George H. W. Bush aida vraisemblablement la CIA avec son entreprise pétrolière lors du débarquement de la baie des Cochons, en 1961. Lorsque le président Nixon abaissa la déplétion, les pétroliers, amers, décidèrent de miser sur Bush.
Devons-nous nous attarder sur l’ampleur du fossé entre la réalité et le narratif de la « relation spéciale » entre Américains et Saoudiens autour de l’Aramco ? Les Américains arrivant en Arabie saoudite recevaient des notions des us et coutumes totalement empruntent de stéréotypes ; les deux peuples vivaient strictement séparés, respectant les règles de la ségrégation raciale des états du sud des États-Unis ; les Américains étaient nettement mieux payés, logés, nourris, là où les ouvriers arabes vivaient dans des conditions misérables pour trois fois rien. Une « relation spéciale » existait bel et bien, mais seulement entre les Américains et l’élite saoudienne de la famille régnante. Pire, les Américains nouant des amitiés avec les employés arabes étaient renvoyés au pays. Les insultes racistes étaient monnaie courante. La ségrégation américaine s’installa bien plus facilement en Arabie qu’en Iran ou au Mexique car elle se superposa à une société brutale, viscéralement raciste et esclavagiste par tradition. Les Arabes tentèrent de protester de nombreuses fois dans les années 1950 et 1960, sans succès. Tout soulèvement était réprimé par la Couronne. Suite à des manifestations en 1945, 1953, 1955 et 1956, le régime décida simplement d’interdire toute grève ou manifestation par décret royal en 1956. Les revenus du pétrole servaient au régime saoudien à payer l’élite, à corrompre et ainsi assurer la sécurité – et subséquemment la pérennité – de la famille régnante. Le roi ne distribuait pas plus de 10% des revenus ainsi générés, principalement aux tribus pour qu’elles restent tranquilles, préservant jalousement le caractère médiéval du pays. L’Aramco pouvait alors ignorer l’opinion publique qui n’avait aucune force et traiter le pays à la manière des puissances coloniales antérieures.
En pleine crise iranienne, l’Armaco brûla méticuleusement tous les papiers les plus sensibles en Arabie saoudite, de peur que le soulèvement ne soit contagieux. Il n’en fut rien. Mais cela montrait que l’entreprise avait des choses à se reprocher. D’ailleurs, en 1952, Abdullah al-Tariki, l’un des premiers fonctionnaires saoudiens du pétrole, découvrit que le régime ne percevait que 22% de la rente pétrolière, contrairement au partage 50/50 annoncé. On s’en souvient, la même chose avait été mise au jour par Pérez Alfonzo au Venezuela, en 1943. Abdullah al-Tariki le rapporta au ministre des Finances, Abdallah Sulayman, brillant et plein d’énergie. Naturellement, cet homme contraria l’Armaco qui tenta de le faire limoger. Le roi refusa, maintint son ministre de nombreuses années à son poste (malgré une campagne de la GRO – Government Relations Organization – visant à le faire passer pour un alcoolique corrompu) et accusa les Américains que l’avoir dupé. Du reste, corrompu, Sulayman l’était, lui qui favorisait la construction d’hôtel avec l’argent publique sur des terrains lui appartenant personnellement. Mais cela n’avait rien d’anormal en Arabie saoudite. L’Aramco accepta de verser des compensations et l’affaire ne fit pas de bruit.

La légation diplomatique en Arabie saoudite n’étant devenue une ambassade qu’en 1949, la Casoc n’avait pas attendu pour établir des relations et créer un organe privé de diplomatie et de renseignement à Dhahran en 1941 : la GRO. Celle-ci décida largement de la politique américaine en Arabie saoudite jusqu’au premier choc pétrolier en 1973. En 1946, la GRO fonda une division des Affaires arabes imitant la structure de l’OSS (futur CIA) au Caire. Cette division débaucha même des anciens de la CIA ; c’étaient là les prémices des renseignements privés américains, qui culmineront à la fin du siècle. Le GRO et l’Aramco avaient des correspondants partout dans le royaume. Si bien que le premier véritable ambassadeur américain en Arabie saoudite s’inquiéta, en 1947, de l’emprise de l’Aramco sur la vie économique du pays.
Pourtant, l’Aramco n’était pas la seule entreprise américaine primordiale pour l’Arabie saoudite. Bechtel, incontournable dans le pétrole, le nucléaire et les infrastructures militaires, construisit nombre d’infrastructures et bâtiments du royaume : trans-Arabian pipeline, routes, ministères, ports, aéroports, chemins de fer, centrales électriques, palais modernes, prisons, etc. Bechtel coopéra souvent avec la première compagnie saoudienne de construction : le BinLaden Group, fondée par celui dont l’un des 53 fils sera Oussama Ben Laden. L’armée américaine et l’Etat aidèrent d’ailleurs parfois, notamment en finançant et construisant la première raffinerie en 1944 et l’immense aérodrome après la guerre. Se gardant de nommer cela une base militaire – bien qu’elle en ait tous les aspects – Washington paya même un loyer à l’Arabie saoudite pour ce terrain à partir de 1948. L’Etat américain finança et fonda également plusieurs organisations régaliennes modernes clefs : l’Agence monétaire d’Arabie saoudite (chargée de stabiliser la monnaie saoudienne en l’adossant au dollar) en 1952, le ministère de la Défense dans les années 1950 mais également une télévision nationale en 1963, les Saoud craignant la propagande progressiste de l’Egypte de Nasser. Les Saoudiens avaient surtout compris qu’un média de masse serait redoutable sur une population largement illettrée. Naturellement, les Américains formèrent également militairement les Saoudiens et, de 1954 à 1958, sous Eisenhower, commencèrent à livrer à Rijad des armes lourdes modernes dont le pays était dépourvu : chars et aviation. L’Etat américain garda cependant ses distances, laissant l’Aramco maître de sa politique. Washington se contenta souvent de répondre « Pas d’objection » lorsque l’Armaco demandait son soutien. Une telle stratégie laissait notamment à la Maison-Blanche davantage de marge de manœuvre en diplomatie, surtout sur le dossier israélien.
Les États-Unis se gardèrent par exemple d’intervenir dans la revendication de l’émirat d’Abu Dhabi par l’Arabie saoudite en août 1952. Les Saoudiens n’avaient pas fait main basse sur le territoire de peur que la Royal Navy n’intervienne. La pugnacité des diplomates britanniques et le refus du frère de l’émir d’accepter un pot-de-vin pour renverser son frère firent échouer les plans saoudiens après trois ans. L’Aramco en revanche aida, notamment au transport de troupes. En 1960, les Saoud avaient mieux à faire : le mouvement panarabe (mené par Nasser) aboutit à une crise dans la famille royale. Certains voulaient faire évoluer le royaume vers une monarchie constitutionnelle et parlementaire moderne. Les réformateurs avaient les faveurs du roi, tandis que les partisans de la monarchie absolue avaient les faveurs du prince Fayçal, demi-frère du roi et son successeur désigné. En 1958, le prince Talal, 21e fils d’Ibn Saoud, fonda le premier Conseil national, devant rédiger la constitution. Celle-ci devait largement limiter les pouvoirs du roi et instituer les premières fonctions publiques électives. En 1960, Talal demanda le soutien américain mais ne l’obtint pas. Les renseignements américains donnèrent durant l’été l’information au GRO que des officiers saoudiens se préparaient à un coup d’Etat démocratique et à assassiner le prince Fayçal. Les réformateurs prirent la peine d’informer Washington qu’ils ne songeaient pas à s’allier avec l’Egypte de Nasser mais bien plus avec l’Aramco. Or, c’est l’Aramco qui éventa le complot auprès du prince Fayçal et du roi. En 1961, le roi nomma Talal ministre des Finances et celui-ci proposa une constitution quelques mois plus tard. Sans doute sous la pression de Fayçal, le roi demanda sa démission à Talal. Celui-ci s’exila en Egypte, où il fut accueilli par Nasser. Il devint chef de file du « Mouvement des princes libres ». Deux ans plus tard, Fayçal déposa le roi Saoud après avoir fait encercler son palais. Nommé régent le 4 mars 1964, il monta sur le trône le 2 novembre. L’Aramco et le président Johnson ne protestèrent pas contre ce coup d’État. Fayçal, qui dirigea l’Arabie saoudite jusqu’à son assassinat en 1975 par un neveu dément, affirma à l’ambassadeur américain en Arabie saoudite, quelques mois après sa prise de pouvoir : « Après Allah, nous avons confiance en l’Amérique ».

En 1953, l’Italien Enrico Mattei, fondateur de la compagnie pétrolière nationale italienne, l’ENI, était frustré qu’on lui refuse la place de benjamine dans le cartel des Sept Sœurs (surnom d’ailleurs rendu célèbre par Mattei, il les nommait les « Sette Sorelle »). Alors, Mattei passa un accord avec le shah d’Iran en 1957 qui fâcha dangereusement le cartel. Par cet accord, pour la première fois, un pétrolier occidental acceptait de se contenter de 25% des profits, plutôt que 50%. Pire, Mattei s’envola pour Moscou en 1959 et y signa un accord pour acheter du brut à l’URSS à un prix dangereusement bas, bien trop bas au goût des Sept Sœurs car 60 cents en deçà du prix du baril du Moyen-Orient (qui vaut un peu moins de 2 dollars). En pleine guerre froide, Mattei se fit ainsi bien des ennemis. En 1958 déjà, un rapport secret du National Security Council des États-Unis le présenta comme un obstacle. Il gagna également la haine des Français car en 1960, Paris proposa à l’ENI une concession dans l’Algérie française, à quoi Mattei répondit qu’il ne voulait pas s’associer à une entreprise coloniale, avant de parler avec le FLN pour préparer l’après-guerre. La mort de Mattei le 27 octobre 1962 dans un accident d’avion reste, à ce jour, suspicieuse. Un film d’enquête fut tourné sur le sujet en 1970 ; le journaliste italien menant l’enquête disparut sans laisser de traces la même année et les droits du film furent rachetés par la Paramount qui en restreignit au maximum la diffusion malgré sa Palme d’or à Cannes. Le corps de Mattei fut exhumé en 1996 et on trouva la preuve d’une explosion provoquée par une charge placée dans le jet : l’affaire fut classée en homicide volontaire, sans coupable. La Causa Nostra américaine reste, encore aujourd’hui, le suspect principal.

Pourtant, Mattei avait ouvert les marchés italien et indien au pétrole soviétique bien moins cher. Or, si Moscou parvenait à vendre à ce prix dans un pays contrôlé par les majors, le cartel pouvait perdre beaucoup. Chose inhabituelle, Monroe Rathbone, dirigeant de la Jersey, décida alors d’une baisse agressive des prix de l’Arabian Light de 10 cents en août 1960. Les autres majors ne pouvaient que suivre, mais cette décision provoqua de la colère, de l’Iran au Venezuela. C’est que cette baisse représentait un lourd manque à gagner pour les pays exportateurs. Manque à gagner dont les majors ne disaient pas vouloir partager le fardeau. Pire, après la baisse des prix liée à la crise de Suez, les pays exportateurs arabes s’étaient réunis au Caire en avril 1959 pour expressément réclamer qu’aucune baisse des prix ne soit décidée unilatéralement, sans négociation. Dans les heures suivant la décision, Abdullah al-Tariki, ministre saoudien du Pétrole, contacta l’autre bête noire des majors : son homologue vénézuélien Pérez Alfonzo. Le 9 septembre 1960, cinq pays pétroliers détenant 80% des réserves connues de brut de la planète (bien que ne contrôlant pas ce pétrole), l’Arabie saoudite, le Venezuela, l’Irak, l’Iran et le Koweït, se réunirent à Bagdad. Après une semaine de discussion, à la mi-septembre 1960, l’Opep, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, fut fondée.
Pourtant, celle-ci ne deviendra capable de contrôler le pétrole accaparé par les compagnies occidentales que dix ans plus tard. L’abondance du pétrole rendait l’Opep pour le moment impuissante face aux Sept Sœurs. Et pour cause : 1964, 1965 et 1966 marquèrent trois records successifs absolus de découvertes de nouveaux champs pétroliers. Jamais on n’avait trouvé par le passé et jamais on ne trouvera par la suite autant de pétrole. Les majors s’en trouvèrent embarrassées, obligées de freiner la production de nombreux pays alors que ceux-ci, tous des nations du « Sud », souhaitaient justement ouvrir les vannes à fond pour maximiser la rente. La situation était politiquement délicate. De nouveaux « éléphants » (champs pétroliers ou gaziers géants) furent découverts au Qatar, à Abu Dhabi et en Irak en 1953 (pour l’Irak : le gisement de Rumaila, débordant sur le territoire du Koweït), ainsi qu’en Chine en 1959 (gisement de Daqing, « Grande Célébration », longtemps cherché par une Chine en pénurie et trouvé en Mandchourie, qui permettra l’envol industriel chinois, rendant le pays autosuffisant jusqu’en 1992).
Heureusement pour les majors, d’autres sites furent découverts du « bon côté de Suez », en Algérie française dans le Sahara en 1956 : les champs Hassi Messaoud (pétrole) et Hassi R’mel (gaz), que les Français trouvèrent après une décennie de recherches alors que rien n’en indiquait l’existence à la surface ; au Nigeria (d’immenses réserves découvertes par la Royal Dutch Shell trois ans avant l’indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni) et en Libye en 1959 (la Jersey Standard y découvrit un pétrole d’excellente qualité, là où le pétrole avait pourtant fait défaut à Rommel). La Libye s’imposa rapidement comme une pièce maîtresse dans le monde du brut, fournissant 1/4 du pétrole consommé en Europe à la fin des années 1960, faisant de l’ombre à l’Arabie saoudite.
L’Opep, grevée par la surabondance qui plaçait les pays exportateurs en concurrence, était de plus minée par les tensions géopolitiques. Celles-ci étaient souvent le fruit des découpages arbitraires décidés la France et surtout le Royaume-Uni au début du siècle. Ainsi l’Irak de Kassem manqua-t-elle d’envahir le Koweït en 1961. L’Opep fut d’autant moins crainte à ses débuts que ses deux grands fondateurs virent leur carrière brutalement s’arrêter après la fondation de l’organisation. Abdullah al-Tariki, formé au Texas, un des premiers technocrates d’Arabie saoudite, devenu le tout premier ministre du Pétrole de l’histoire saoudienne le 20 janvier 1960, ne resta pas longtemps en place. Jugé dangereux, on attendait son premier faux-pas, qui ne tarda pas. En 1961, il accusa le prince – et futur roi – Fayçal de népotisme et de corruption. Fayçal obtint son limogeage le 9 mars 1962. Le successeur d’al-Tariki, le cheikh Ahmed Zaki Yamani, juge de la Mecque formé à Harvard, bien plus malléable, resta pour sa part en poste 24 ans. Pérez Alfonzo, lui, mit à profit son exil aux États-Unis après le coup d’Etat de 1948 au Venezuela pour étudier en détail le fonctionnement de la Commission du chemin de fer du Texas imaginé pour imposer des quotas sur le pétrole en 1929. Ce système lui inspira la création de l’Opep. Persuadé de pouvoir être écologiste et préserver les ressources pétrolières de son pays en accédant au poste de ministre du Pétrole, Pérez Alfonzo démissionna, profondément désabusé, le 23 janvier 1963 et se retira de la politique.
L’Opep était si peu puissante à sa naissance que la Suisse lui refusa le statut diplomatique approprié à l’établissement de son siège dans le pays. L’Autriche fut davantage visionnaire : le siège de l’Opep s’installa définitivement à Vienne le 1er septembre 1965. Les Sept Sœurs utilisèrent même l’existence de l’Opep pour renforcer leur domination illégale. Après tout, la justice américaine avait capitulé : l’attorney general donna un quitus explicite à McCloy, l’avocat du cartel, sous les présidences de Kennedy, Johnson, puis Nixon. L’existence de l’Opep, une entente entre les pays arabes exportateurs de pétrole, rendait presque légitime une entente entre les compagnies occidentales. Le cartel continua alors à restreindre la production de pétrole pour contrôler le prix du baril.
Parfois, les pays arabes eux-mêmes facilitaient la tâche aux pétroliers en essayant de se rebeller contre le cartel, comme le fit le général Kassem en Irak en 1961. Les Sept Sœurs restreignirent le pétrole irakien, comme elles le firent souvent d’ailleurs. Cela avait sans doute trait avec le fait que les majors américaines possédaient seulement 23.75% des parts de l’IPC, le taux de participation le plus faible, les concernant, autour du golfe Persique. Durant les années 1960, Iraniens et Saoudiens accusèrent chacun les Américains de favoriser l’autre. Le shah avait raison, car l’Arabie saoudite était la pièce maîtresse de Big Oil. Mais cette double accusation mit plus en difficulté le cartel. En 1966, ayant du mal à financer ses ambitieux programmes militaires et industriels, le shah fit pression. La compagnie française (CFP), la huitième sœur, frustrée d’être restreinte dans ses extractions iraniennes par les sept autres, informa le shah de l’accord secret sur les quotas (c’est, du moins, ce qu’estimeront les Sept Sœurs). Mohammed Reza Shah fit un scandale. Jim Akins, ayant succédé à McGhee au département d’Etat, fit comprendre au shah qu’il connaîtrait le même traitement que les Irakiens s’il insistait. Les majors s’en tirèrent ainsi avec des concessions mineures.
Sources (texte) :
Auzanneau, Matthieu (2021). Or noir, la grande histoire du pétrole. Paris : La Découverte, 890p.
LeVine, Steve (2007). The Oil and the Glory, the pursuit of empire and fortune on the Caspian Sea. New York : Random House, Inc., 472p.
Sources (images) :
https://en.prolewiki.org/wiki/Abdullah_Tariki (al-Tariki)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fay%C3%A7al_ben_Abdelaziz_Al_Saoud (Fayçal)