L’histoire du pétrole (partie XI) : la Seconde Guerre mondiale, guerre énergétique 2/2 (1942-1945)

L’histoire du pétrole (partie XI) : la Seconde Guerre mondiale, guerre énergétique 2/2 (1942-1945)

Rappel : Les pétroliers ne sanctionnèrent pas l’Italie lorsqu’elle lança l’invasion de l’Abyssinie (Ethiopie), malgré des menaces de la SDN. Les occidentaux ne bougèrent pas davantage lors de la guerre civile espagnole. En parallèle, Wall Street fournissait l’Allemagne en pétrole depuis 1924. Cette denrée était cruciale pour relever l’industrie allemande et en particulier pour l’excellent secteur pétrochimique allemand. En échange de pétrole, les Allemands vendaient de précieux procédés chimiques aux Etats-Unis. Cette industrie avait déjà permis la création d’engrais chimiques par le procédé Haber-Bosch, ce qui est considéré aujourd’hui comme l’ingrédient clef de l’explosion démographique humaine du XXe siècle. Mais elle permettait également, par son pan pétrochimique, à l’Allemagne de produire le caoutchouc synthétique, l’essence synthétique, des explosifs, le méthanol ou encore les nitrates sans lesquels elle n’aurait pu se lancer dans la Seconde Guerre mondiale. Durant la Grande Dépression, l’industrie allemande menacée par la crise trouva en Hitler l’homme politique rassurant, qu’elle s’appliqua à favoriser dans son accession au pouvoir. Un fois chancelier, Hitler développa l’industrie chimique bien au-delà de ce que nécessitait une nation en paix. Or, les majors anglo-saxonnes n’hésitèrent pas à vendre à l’Allemagne nazie ; d’ailleurs, Ford et Deterding étaient des admirateurs du Reich. Les contrats entre la Jersey Standard et l’Allemagne nazie se multiplièrent et perdurèrent jusqu’à l’entrée en guerre des Etats-Unis, la position du pétrolier devenant intenable. Avant cette date, les deux pays s’échangèrent des technologies par la suite décisives dans la guerre : l’Allemagne donnant aux Etats-Unis le caoutchouc synthétique et ces derniers donnant à l’Allemagne le plomb tétraéthyl (permettant une essence plus performante). Ceci étant, les pays de l’Axe étaient dénués de ressources énergétiques, là où les Etats-Unis produisaient 60% du pétrole mondial, tandis que l’URSS était le deuxième producteur (loin derrière). Sur le théâtre européen, la pénurie énergétique engendra le Blitzkrieg allemand, une guerre éclair pour économiser les ressources. Si Berlin récupéra le pétrole roumain et se fit un temps livrer du pétrole soviétique, la quantité manquait. Pire, les avions allemands ne firent rapidement plus le poids face à leurs homologues britanniques, auxquels les Américains fournirent une essence plus efficace. La bataille d’Angleterre n’en demeura pas moins acharnée. De l’autre côté du monde, le Japon avait pris la Mandchourie à la Chine en 1931, espérant y trouver du pétrole, en vain. Puis Tokyo s’était engagé dans une guerre contre la Chine en 1937. Face aux atrocités japonaises, les Etats-Unis imposèrent des sanctions toujours plus lourdes mais ne visant jamais le pétrole. Washington savait que priver le Japon de pétrole serait le placer dos au mur. En s’emparant de la totalité de l’Indochine française en juin 1941, le Japon déclencha finalement un embargo pétrolier de facto des Etats-Unis. En octobre, un Premier ministre belliqueux, Tōjō, remplaça un modéré. Le Japon décida d’attaquer les Etats-Unis à Pearl Harbor. Si le Japon échoua à anéantir la flotte américaine du Pacifique, il s’empara en revanche des puits de pétrole des Indes néerlandaises. Mais la guerre avec les Etats-Unis était désormais inévitable.

Pendant que l’Allemagne envahissait l’Europe occidentale, Staline affrontait la Finlande. Celle-ci résista brillamment et inventa les cocktails Molotov (du nom du ministre des Affaires étrangères soviétique) : des bouteilles d’essence enflammées lancées sur les chars soviétiques. Buttant sur si petite armée, l’URSS démontra l’étendue de son incurie militaire. Hitler finit par porter son attention sur cette URSS visiblement affaiblie, malgré le pacte de non-agression signé en 1939. L’opération Barbarossa, la plus grande offensive militaire de l’Histoire, était motivée par trois grands facteurs : idéologique, politique et économique. Sur ce dernier point, il s’agissait de s’emparer des récoltes d’Ukraine et du pétrole du Caucase. Hitler estimait que sans ces champs de pétrole, « le combat aérien à grande échelle contre l’Angleterre et l’Amérique est impossible ». De fait, les puits de Bakou produisirent 125 millions de barils en 1941, production importante et qui sera déterminante pour l’effort de guerre soviétique à venir. Les événements montreront que, ironiquement, l’Allemagne n’avait pas assez de pétrole pour s’emparer du pétrole dont elle avait besoin.

Détails des mouvements de l’opération Barbarossa en 1941-1942.

Pour les 144 divisions allemandes engagées, l’état-major estima le nombre de barils nécessaires par jour à 150 000, soit le double des besoins qu’avaient demandée l’offensive à l’Ouest. Une division de Panzer consommait 2 400 litres par kilomètre sur route, mais 5 000 litres par kilomètre en tout-terrain. Or, en URSS, les routes étaient rares relativement à l’immensité du territoire, même dans sa partie européenne. Qui plus est, les lignes de ravitaillement s’allongeant, les camions consommaient déjà une partie de l’essence sur les chemins aller et retour (de plus en plus souvent remplacé par des chevaux pour éviter cet écueil) ; ces camions faisaient des cibles idéales pour les partisans soviétiques restés sur les arrières de la Wehrmacht. Durant l’hiver, le carburant gela dans les moteurs, produisant du goudron. Il fallait de l’alcool antiseptique (normalement réservé aux blessés) pour réchauffer les moteurs. Échouant à prendre Moscou en décembre 1941, les Allemands portèrent l’effort de 1942 vers le Caucase, en passant par Stalingrad (ville située sur la Volga par laquelle transitait le pétrole de Bakou). L’offensive fut arrêtée par manque de carburant au moment où elle pratiquait une percée. Les Allemands ne purent que prendre Maïkop, dont les puits avaient été préalablement bétonnés par les Soviétiques. Grozny, trop bien gardé, et Bakou, trop éloigné, restèrent sous contrôle soviétique. Accaparée par la bataille de Stalingrad, la Wehrmacht, manquant de carburant, subit une catastrophe militaire durant l’hiver 1943. Lorsque les Allemands durent abandonner Maïkop à nouveau, l’équipe de 8 000 ingénieurs allemands spécialisés et de 7 000 prisonniers soviétiques qui y travaillaient n’étaient parvenus à sortir que le nombre dérisoire de 70 barils par jour. Du reste, les puits de Grozny et Bakou avaient été bétonnés également par le pouvoir soviétique, par précaution, sapant leurs capacités de production au détriment de Moscou. Les travailleurs expérimentés furent déplacés vers le bassin de la Volga, contenant également du pétrole mais dont l’exploitation était bien moins développée.

Le front de l’Est ne fut pas le seul avec pour objectif l’or noir. Les Allemands s’intéressèrent également au Moyen-Orient. Rommel, avec son Afrikakorps, repoussa les Alliés jusqu’à l’Egypte, laissant entrevoir la possibilité de pousser jusqu’à la péninsule arabique et la Mésopotamie, viciées de pétrole. Les efforts allemands vers le Moyen-Orient poussèrent des pronazis à s’emparer du pouvoir à Bagdad le 1er avril 1941, tandis que le Shah d’Iran, fâché avec les Britanniques, accueillait des conseillers allemands. La France de Vichy mit la Syrie à disposition pour soutenir les Irakiens contre les Britanniques. Seulement Londres reprit Mossoul et Damas, laissant la junte irakienne du « Carré doré », privée de ravitaillement, s’effondrer. Le 25 août 1941, Britanniques et Soviétiques envahirent promptement l’Iran. Et puis, Rommel manqua cruellement du pétrole nécessaire à aller en chercher davantage. A l’Est comme en Afrique du Nord, les distances étaient immenses.

Le 16 septembre 1941, Reza Shah abdiqua sous la pression des Alliés, laissant le trône du Paon à son fils Mohammed Reza Pahlavi, âgé de 16 ans donc manipulable. Les États-Unis investirent le pays en 1942 et y développèrent d’importantes infrastructures pour livrer plus rapidement l’URSS qui, sans la massive assistance matérielle de Washington, n’aurait pu faire face au Reich. En Cyrénaïque, Rommel parvint à prendre Tobrouk en juin 1942 malgré le manque de carburant. Ce port en eaux profondes aurait dû permettre un ravitaillement stratégique pour pousser en Egypte mais les 3/4 des navires de ravitaillement de l’Axe furent coulés par les Britanniques. En août, disposant de 68 000 barils mais ayant besoin de quelque 255 000 barils, Rommel transforma son armée en charognards tentant de capturer les dépôts de carburant des adversaires. Les batailles de l’été furent favorables aux Alliés, car Rommel fut « constamment à court de carburant ». Ayant néanmoins avancé jusqu’à l’Egypte de nouveau, Rommel ne put aller plus loin dans cet ultime effort, car la Royal Navy eut raison du navire destiné à ravitailler l’Afrikakorps avec 37 000 barils.

Outre Atlantique, la situation était toute autre. La coopération entre l’Etat et l’industrie pétrolière, après des débuts difficiles pendant la Grande Dépression, allait faire florès et devenir un facteur essentiel de la victoire matérielle des Alliés. La coopération devint totale le 2 décembre 1942, lorsque Roosevelt fonda la Petroleum Administration for War, dirigée par Ickes. L’armée américaine utilisait quelque 500 produits pétroliers différents (carburants, armes incendiaires, caoutchouc synthétique, coke de pétrole pour fabriquer de l’aluminium, cire pour emballer les munitions, les armes et la nourriture, asphalte des aérodromes ou encore graisses et lubrifiants pour les machines et canons, etc.). Le régime put garantir un volume immense et des prix avantageux, favorisant une accélération de l’extraction et de la prospection pétrolière. La production passa de 3.7 Mb/j entre 1939 et 1942 à 4.7 Mb/j en 1945. La Louisiane devint producteur, les champs abandonnés de Pennsylvanie et New York furent rouvert grâce à la coûteuse injection d’eau sous pression dans les puits. La production de caoutchouc synthétique passa d’inexistante avant la guerre à 750 000 tonnes produites en 1945. L’Etat finança 32 nouvelles raffineries, tandis que l’industrie pétrolière prenait à sa charge 200 nouvelles usines pour fabriquer de l’essence à haut indice d’octane. Pour éviter les sous-marins allemands, l’Etat relia les champs du Texas aux terminaux du New Jersey par deux immenses oléoducs (Big Inch pour le brut et Little Big Inch pour les produits raffinés) entre 1942 et 1943 à un rythme de plus de 10 km par jour. Washington demanda aux industriels de revenir au charbon pour laisser le pétrole aux Alliés et tenta, en vain cette fois, de rationner les citoyens. Qu’importe, fin 1942, les chantiers navals américains recrachaient déjà bien plus de tankers que ne pouvaient en couler les U-Boote allemands. Les cargos Liberty ships étaient produits en moins d’un mois à la fin de la guerre.

Si l’Allemagne nazie ne parvint pas à s’emparer des puits de l’URSS ou du Moyen-Orient, la véritable catastrophe fut, pour le régime, le déclin de la production roumaine. Ce déclin ne fut le fait des Alliés qu’à partir de 1944 car les puits de Roumanie étaient particulièrement bien protégés par les Allemands. Les Alliés s’y cassèrent les dents : le raid américain « Tidal Wave » du 1er août 1943 occasionna l’un des plus hauts taux de pertes de la guerre, 53 des 175 appareils B-24 furent abattus. Seulement, le pic des champs roumains fut atteint en 1936, après quoi la production diminua naturellement. À partir d’avril 1944 en revanche, les bombardements alliés accablant l’acheminement du pétrole sur le Danube portèrent un véritable coup au régime nazi. De manière générale, les Alliés parvinrent, en 1944, à bombarder efficacement les usines allemandes de carburant synthétique. Malgré une judicieuse décentralisation des moyens de production et l’enterrement des usines décidés par Albert Speer, architecte et ministre de l’Armement allemand, celui-ci nota dans ses mémoires « Ce jour-là décida de l’issue de la guerre technique. »

Ainsi, le régime nazi atteignit 30 000 barils par jour en mai 1944, son plus haut niveau ; la production chuta à 2 000 barils par jour en octobre. Ceci était la conséquence d’un acharnement des Alliés : jusqu’à la fin de la guerre, 1 300 000 tonnes de bombes furent larguées sur les usines allemandes, soit 1/10e de la totalité des bombes larguées sur le Reich en 1944 et 1945. Ces raids étaient menés par des vagues de plus d’un millier de bombardiers, chacune d’entre elle consommant plus d’essence par jour que la totalité de la Luftwaffe n’en consomma en 1944. L’Allemagne ne pouvait résister, surtout que le pétrole synthétique réclamait dix fois plus d’acier et infiniment plus de labeur pour être produit qu’il n’en fallait pour le puiser et le raffiner aux États-Unis. Ceci sans compter les explosions, incendies et fuites de gaz très fréquents dans les usines de synthétique. La main-d’œuvre des camps de concentration et des prisonniers ne suffirent pas à renverser la tendance.

La supériorité matérielle des Alliés s’avéra écrasante après le débarquement de Normandie (6 juin 1944), tandis que l’armée allemande manquait de carburant, immobilisant ses rares blindés et en faisant des cibles faciles. Le Feldmaschall von Rundstedt se décida à ordonner de n’utiliser l’essence que lors des combats. Le repli allemand se fit majoritairement à pied, cheval ou bicyclette. En face, les Alliés avaient stocké 2 millions de barils pour le débarquement et les Britanniques bâtirent des oléoducs sous-marins. Suivant l’avancée du front, les Alliés posaient quotidiennement plus de 80 km d’oléoduc en France, jusqu’à la prise du port d’Anvers en novembre. La moitié du tonnage d’équipements envoyé depuis les États-Unis par l’Atlantique ou le Pacifique était du pétrole. Pourtant, avec l’allongement des lignes logistiques, les camions des Alliés utilisaient une trop large part du pétrole qu’ils acheminaient vers le front, forçant les armées à marquer le pas sur le front Ouest. Les Allemands, eux, remuèrent ciel et terre pour réunir assez de pétrole pour une ultime contre-offensive, dans les Ardennes, fin 1944. Celle-ci manqua de peu de réussir à s’emparer du port d’Anvers. Le manque de carburant fut à nouveau décisif. Mais le Reich aurait pu là prendre bien mieux qu’Anvers : le 18 décembre 1944, entre Bastogne et Liège, 142 chars de la 1re division SS panzer arrêta son avancée à moins de 500 mètres d’un immense dépôt de carburant allié. En désespoir de cause, les sentinelles américaines avaient opté pour un pis-aller : dresser un grand mur de feu en brûlant 500 000 litres d’essence pour protéger 9 millions de litres supplémentaires. Une telle prise aurait pu renverser l’issue de la bataille et allonger la guerre.

La guerre du Pacifique (1942-1945)

Dans le Pacifique, dès 1942, les pétroliers devinrent des cibles prioritaires pour les États-Unis (avec les bâtiments militaires). Sur les 2 600 milles nautiques séparant Sumatra du Japon, les occasions d’attaques étaient nombreuses. Les Américains coulèrent 2 tankers en 1942, 23 en 1943, 131 en 1944. Sur cette dernière année, les ressources pétrolières japonaises chutèrent de moitié. L’industrie japonaise ne pouvaient compenser ces pertes et commença à transporter les barils avec des sous-marins, dont les capacités de transport sont bien maigres. Manquant de carburant, le Japon décida de trancher dans les heures d’entraînement des pilotes, qui se firent alors progressivement massacrer par les vétérans américains. En juin 1944, lors de la bataille des îles Mariannes, les Américains surnommèrent l’affrontement des aviations le « Grand Tir aux dindons des Mariannes ». Alors, le Japon commença à ordonner aux pilotes, généralement des étudiants, de jeter leur appareil sur les navires américains. Ainsi naquirent les fameux Kamikazes, pas même formés à l’atterrissage, car ne disposant de toute façon pas d’assez de carburant pour un voyage retour.

En 1944, le nombre de mines larguées par les Américains autour du port pétrolier de Balikapan était tel qu’il fut abandonné par les Japonais. Tokyo lança une production d’urgence d’un pétrole à base de racines de pin, qui donna au pays 3 000 barils jusqu’à la fin de la guerre. La chasse japonaise, clouée au sol, ne put empêcher le raid incendiaire meurtrier du 9 mars 1945 sur Tokyo : plus de 100 000 civils périrent dans le brasier qui atteignit, au milieu des constructions en bois de la capitale, 1 000 degrés Celsius ; en faisant un des raids les plus meurtriers de l’Histoire. Le napalm, essence gélifiée, ainsi que les bombes au phosphore, juste inventée (en 1943 par Louis Fieser), démontraient leur potentiel. Washington, satisfait, réitéra sur Yokohama, Nagoya, Osaka, Kobe, Kawasaki, etc. Tokyo connut même un nouveau raid similaire dans la nuit du 25 au 26 mai, 500 B-29 rasant l’équivalent de la moitié de Paris avec 3 251 tonnes de bombes incendiaires. Des bombes au « goop », mélange de magnésium et de bitume, encore plus inflammables, furent également utilisées. Cette campagne de bombardements fut nettement plus dévastatrice et meurtrière que les deux déflagrations nucléaires d’août conjointes.

Début 1945, Hitler décida d’envoyer une partie significative de ses dernières forces du front Ouest protéger des Soviétiques non pas Berlin mais la dérisoire production pétrolière hongroise du lac Balaton, sa dernière source de brut. Pour leurs fusées V-2, les nazis utilisèrent de l’alcool de patate. Une dernière grande invention du Reich, les avions à réaction, ne purent pas même être utilisés, faute de carburant et de chaînes de montage. Le 30 avril 1945, Hitler se suicida et demanda à ce qu’on brûle son corps avec les dernières gouttes de pétrole du Reich, avant la reddition sans condition de l’Allemagne. Après la capitulation du Japon du 2 septembre 1945, le grand quotidien Asahi Shimbun écrivit : « Ce fut une guerre commencée dans un combat pour le pétrole et achevée par le manque de pétrole. » Comme le résuma un professeur japonais : « Dieu était du côté de la nation qui avait le pétrole. » Si les États-Unis firent également des erreurs, mais ils en avaient les moyens ; là où l’Axe manquait simplement de carburant pour ses entreprises qui étaient donc, de ce fait, démesurées. En somme, l’Axe n’avait pas les moyens énergétiques de ses ambitions.

Durant la guerre, la spirale énergie-complexité enfla soudainement et les esprits les plus brillants eurent bien du mal à le comprendre, même lorsqu’ils étaient suppléés par la puissance de calcul des machines. Cette démonstration de force poussa la société d’après-guerre à utiliser toujours davantage d’énergie. Or, ce furent les entreprises qui, aux États-Unis, orientèrent les décisions, naturellement rarement vers des choix raisonnables. L’Homme, censé triompher de la Nature, affrontait pourtant désormais des limites physiques insurmontables.

Sources (texte) :

Auzanneau, Matthieu (2021). Or noir, la grande histoire du pétrole. Paris : La Découverte, 890p.

LeVine, Steve (2007). The Oil and the Glory, the pursuit of empire and fortune on the Caspian Sea. New York : Random House, Inc., 472p.

Sources (images) :

https://www.valka.cz/14763-Uspechy-a-prohry-vojenskeho-zpravodajstvi-Moskva-1941 (Barbarossa)

http://www.encyclopedie.bseditions.fr/image/article/carte/NAZICARTUSAS0001.jpg (guerre du Pacifique de 1942 à 1945)

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