L’histoire du pétrole (partie XXI) : l’après choc (1974-1975)
Rappel : La guerre du Kippour éclata le 6 octobre 1973, lorsque les nations arabes agressèrent Israël en représailles à la défaite de 1967. Les Soviétiques soutinrent les Arabes, tandis que les Etats-Unis, en plein scandale du Watergate, soutinrent Israël. Les pays de l’Opep baissèrent leur production et augmentèrent brutalement le prix du baril. Le cessez-le-feu du 25 octobre ne leva pas pour autant l’embargo. Si celui-ci touchait l’Europe et le Japon, qui importaient 80% de leur pétrole du golfe Persique, il n’en allait pas de même pour les Etats-Unis, dont la part n’était que de 15%. Dès la fin du mois d’octobre, l’Opep savait son embargo inefficace et par ailleurs de facto organisé par des entreprises américaines. Surtout, si l’Arabie saoudite avait abaissé sa production de 20%, elle livrait en sous-main l’armée américaine empêtrée au Viêt Name pour lui permettre de fonctionner normalement. On tient souvent les pays arabes pour seuls responsables et bénéficiaires du choc pétrolier de 1973. Rien n’est plus faux. Les États-Unis furent plusieurs fois menacés pour leur soutien à Israël, ils ne furent donc pas surpris. Les États exportateurs, quant à eux, se trouvaient largement lésés depuis la fin du système du dollar étalon-or : la rapide dépréciation du dollar face à l’or avait menacé des pays arabes dont tous les contrats pétroliers étaient écrits en dollars. En 1971, il fallait 10 barils de pétrole pour acheter une once d’or ; en juillet 1973, il en fallait 34. Le choc pétrolier allait ramener la parité à 12 barils l’once en 1974. La demande galopante de pétrole conjuguée au début du déclin de la production américaine mena à des pénuries bien avant l’embargo de 1973 (dès 1971 aux Etats-Unis). Entre 1973 et 1974, le déclin naturel de la production américaine provoqua une chute de 500 000 barils par jour (9.21 Mb/j en 1973, 8.77 Mb/j en 1974 en moyenne d’après l’EAI), soit davantage que la réduction imposée par l’Opep sur la même période (29.66 Mb/j en 1973, 29.32 Mb/j en 1974 en moyenne d’après l’EAI). Le déclin de la production américaine fit exploser le prix du baril en Illinois, où il atteignit 5.2 dollars en septembre 1973, ce qui relativise la hausse de l’Opep à 5.12 dollars en octobre. Seulement, les prix n’ont pas doublé mais quadruplés en 1973. C’est que, après le doublement de prix d’octobre 1973, alors que la guerre du Kippour s’était éteinte, l’Opep se retrouva à Téhéran le 22 décembre. Le shah, refreinant d’habitude les plus radicaux, les rejoignit et força l’Arabie saoudite à fixer le prix du baril à 11.65 dollars le 23 décembre. Ce « Massacre de la veillée de Noël » fut le véritable choc pétrolier. L’embargo s’atténua alors, avant de cesser le 17 mars. Il est ici lieu de s’interroger. Pourquoi le shah, allié principal des États-Unis au Moyen-Orient (avec l’Arabie saoudite), venant juste d’acheter à l’Oncle Sam 2 milliards de dollars de matériel militaire, dépendant de Washington en termes de sécurité, insensible à la question israélienne, se fit si radical ? Le shah se justifia ainsi : le nouveau prix « devait correspondre au coût minimum qu’il vous faudrait payer pour avoir les schistes, par exemple, ou la liquéfaction du gaz ou du charbon ». Un argument faisait étrangement écho à celui développé par Akins huit mois plus tôt dans son article dans Foreign Affairs. Les majors réagirent d’ailleurs à cette hausse brutale du prix par l’annonce de grands investissements dans les champs techniquement plus difficiles à exploiter en 1974. Yamani, le ministre du Pétrole saoudien, annonça en 2001 à The Observer : « Je suis à 100% convaincu que les Américains étaient derrière l’augmentation du prix du pétrole. » ; il rapporta également ces propos du shah : « N’est-ce pas ce qu’ils veulent ? Demandez à Henry Kissinger, c’est lui qui veut un prix plus élevé ». Yamani réitéra ses propos en 2010. Les majors auraient rencontré de graves difficultés pour financer de nouveaux projets si le prix du baril n’avait pas explosé. Ces coïncidences, non entièrement prouvées, sont troublantes. Le choc pétrolier de 1973 donna naissance à la dette et au chômage de masse dans l’économie mondiale ; l’Europe fut la plus touchée. Le PIB recula dans les pays occidentaux, la dette explosa dans les pays en développement ayant opté pour la révolution verte et l’inflation explosa partout.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’effort nucléaire fut surtout militaire. À la fin des années 1960, seules quelques centrales nucléaires électriques existaient (États-Unis, URSS, France, Royaume-Uni, Japon, Canada et Suisse). Or, les profits colossaux engrangés durant les Trente Glorieuses permirent à certains États d’adopter une fiévreuse politique de nucléaire civil après le choc pétrolier. Entre 1973 et 1980, l’énergie provenant du nucléaire quadrupla dans le monde, atteignant 160 millions de tonnes équivalent pétrole (1/20e de la consommation de pétrole en 1980). Le président Ford parvint à lancer 86 centrales nucléaires en dix ans (et non les 200 annoncées en janvier 1975), faisant des États-Unis le premier producteur – de loin -. La France et Japon adoptèrent cependant le virage le plus radical vers le nucléaire. Le Premier ministre français, Pierre Messmer, décida le 5 mars 1974 d’une accélération spectaculaire du programme électronucléaire français. Le besoin étant urgent, la France abandonna alors ses réacteurs expérimentaux pour copier la technologie américaine des réacteurs à eaux pressurisée. Messmer lança la construction de 13 centrales sans consulter le Parlement. En France, le nucléaire faisait alors consensus jusqu’au parti communiste. En quinze ans, Messmer et ses successeurs de tout bord politique firent de la France le pays s’appuyant le plus sur l’énergie nucléaire dans le monde, en proportion. Ainsi, le nucléaire remplaça le fioul domestique destiné au chauffage en France ; les constructeurs automobiles français utilisèrent ce fioul disponible dans les nouveaux moteurs diesel, dans les années 1980. A cette heure, le gazole était considéré moins nocif que l’essence, qui, elle, provoquait les pluies acides. Tout compte fait, le gazole se révéla nocif pour l’Homme. L’Iran, qui atteignit en 1974 son record de production de pétrole (6 Mb/j), voulait également prendre le virage nucléaire. Américains, Allemands et Français les y aidèrent. Seulement, la révolution islamique (1979) interrompit ce bel effort, nous y reviendrons.

Ce ne fut pas le seul effort vers l’énergie nucléaire du Moyen-Orient. Qu’importe la brutalité du régime de Bagdad et son vice-président dictateur de fait, Saddam Hussein ; le Premier ministre français Chirac se rendit en Irak en septembre 1974 voir son « ami personnel » qu’il invita ensuite en France en septembre 1975. La France fut ainsi de facto la seule visite dans un pays occidental effectuée par Hussein. Chirac permit la construction de la centrale d’Osirak qui, à peine terminée, fut bombardée et détruite par l’aviation israélienne le 7 juin 1981. En 1969, le CEA français et le British Nuclear Fuel passèrent des accords avec le Pakistan. En 1972, les Américains se joignirent au programme pour construire la première centrale nucléaire du pays. En 1974, le test surprise par l’Inde d’une première bombe nucléaire mena le British Nuclear Fuel à se retirer. Sous la pression de Kissinger, la France se retira également en 1978. Peu importait, le roi Fayçal, convaincu par le Premier ministre pakistanais Zulfikar Ali Bhutto de la nécessité de contrebalancer les programmes nucléaires de l’Inde et d’Israël, finança les recherches du nucléaire militaire pakistanais. L’Arabie saoudite finançait les recherches mais ne voulait pas entendre parler de test de la bombe, sûrement pour ne pas froisser Washington. Le nucléaire, pas plus que le gaz ou le charbon, ne remplaça pour autant le pétrole. La consommation d’or noir répartit à la hausse dès 1976, une fois la récession passée. Le cours était désormais de 12 dollars. Les sociétés occidentales s’adaptèrent, inventèrent des procédés plus efficaces, s’appuyant sur l’avènement de l’électronique. Le sevrage ne sera pas pour tout de suite : le « tout-bagnole » connut son âge d’or, propulsant les entreprises automobiles américaines au rang des plus importantes du pays, avec les cinq sœurs américaines.

Le choc pétrolier, on l’a dit, permit aux grands pétroliers d’investir massivement dans le pétrole non conventionnel et difficilement accessible, dit huile de schiste. Trois grands champs prometteurs furent alors mis en exploitation : l’Alaska, l’océan Arctique et la mer du Nord. Une courte dépêche de l’agence UPI, rendant compte d’un rapport de la Chase Manhattan Bank (de David Rockefeller) publié dans le New York Times ne disait-il pas, le 30 mars 1973 (avant le choc pétrolier) : « Il est douteux que, dans les conditions économiques actuelles, l’industrie [pétrolière] puisse (…) fournir tout le pétrole que les marchés mondiaux réclament. » ; arguant que les hydrocarbures nécessaires « restent à découvrir » ? Le choc pétrolier fit exploser les revenus des majors. Exxon enregistra une hausse de 80% de ses profits sur le dernier trimestre 1973, lui permettant de dégager 2.5 milliards de dollars sur l’année, record absolu de profits réalisé par une entreprise dans l’Histoire. 1974 fut meilleure encore. En 1975, Exxon repassa devant General Motors comme première entreprise en termes de revenus et profits dans le monde. Cette opulence fut mal perçue par les Américains. Les pétroliers s’en défendirent, assénant qu’ils avaient désormais des profits suffisants pour pérenniser le financement de leurs productions. Dans un rapport confidentiel de décembre 1974, Kissinger conclut qu’il y aurait suffisamment d’hydrocarbures pour satisfaire la demande américaine sur deux à trois décennies, « en supposant que les prix seront suffisamment élevés ». Un argumentaire en tout point similaire à celui avancé par le shah un an plus tôt. Kissinger assura également que les réserves américaines d’huiles de schiste « seront suffisantes pour une bonne partie du siècle prochain » mais que leur « exploitation à plein régime pourrait être limitée par des facteurs environnementaux et d’approvisionnement en eau ». En février 1975, Kissinger proposa même aux Européens de s’entendre sur un « prix plancher » du pétrole, garantissant la sauvegarde des investissements consentis dans le pétrole non conventionnel, les carburants de synthèse et le nucléaire. L’accord fut rejeté, mais qu’importe : les prix du pétrole restèrent élevés.
Atlantic Richfield fut la compagnie qui trouva, la première, un champ pétrolier en Alaska en juin 1968, à Prudhoe Bay. Ne disposant pas de fonds suffisants, Atlantic Richfield s’associa avec Exxon, tandis que BP trouvait également du pétrole dans les parages en 1969, après neuf années d’infructueuses recherches. Pourtant, ce pétrole resta trop cher à produire, jusqu’en 1973. Passé le problème du pétrole gelant à son extraction, les majors bâtirent l’oléoduc trans-Alaska pour acheminer l’or noir jusqu’au port de Valdez, libre des glaces. L’oléoduc ne fut pas enterré mais posé sur des milliers de piliers autoréfrigérants pour éviter que la chaleur ne fasse fondre et s’affaisser les sols. Construit entre 1974 et 1977, long de 1 300 kilomètres, cet oléoduc était unique. Selon Atlantic Richfield (Arco) le seul transport du pétrole coûtait 6 dollars par baril, soit le double du prix du baril avant 1973.
De l’autre côté de l’Atlantique, la Jersey et la Shell avaient découvert des champs de gaz naturel au Pays-Bas, notamment celui de Groningen, le plus vaste d’Europe occidentale, en 1959. Ce gaz fit la richesse des Pays-Bas, jusqu’à apprécier sa monnaie, le florin, au point de rendre le reste des produits de l’économie néerlandaise trop onéreux. Cette « maladie hollandaise » greva l’économie des Pays-Bas, pourtant l’un des berceaux du capitalisme. Alors, le Royaume-Uni, la Norvège et le Danemark se jetèrent dans les prospections. Ceci nécessitait d’établir clairement les frontières en mer du Nord. Inhabituellement pressé sur ces questions, Londres accepta, en 1964, seulement 35% de la superficie pour accélérer l’accord. Le premier champ pétrolier de mer du Nord, Ekofisk, fut découvert en décembre 1969. Il était dans le territoire norvégien et aurait pu être britannique à quelques milles nautiques près.
Heureusement pour Londres, un autre champ géant, Forties, fut découvert en eaux britanniques, à l’automne 1970. Le Royaume-Uni, qui céda en 1971 sa base logistique du Bahreïn aux Américains, en face du terminal pétrolier de Ras Tanura, brada ses meilleures concessions en mer du Nord auprès des majors, tandis que BP devait se contenter du reste. Pire : Londres demanda, en contrepartie de l’exploitation de ses champs, une part infime des profits ; bien moindre que celle exigée par les pays de l’Opep. L’Empire britannique s’était définitivement abîmé. Une telle abdication mena à une enquête publique du Parlement, publiée en 1973, qui décida le gouvernement à reprendre davantage de contrôle. Les majors, qui venaient de consentir un investissement colossal, s’en insurgèrent. En 1975, le gouvernement travailliste fonda la British National Oil Company (Britoil), entreprise nationale ayant le droit d’acheter 51% du pétrole extrait dans les eaux britanniques. Après avoir refusé à l’Irak et à l’Iran leur souveraineté pétrolière, le Royaume-Uni luttait pour la sienne sous le Premier ministre Harold Wilson. Sous Thatcher, Britoil fut privatisé et absorbé par BP.
Le pétrole de mer du Nord, ayant emprunté comme surnom le nom du champ écossais « Brent », coûtait dix fois plus cher à extraire que l’Arabian Light. Il fallait des plateformes fixées par 80 mètres de fond, souvent frappées par l’une des houles les plus puissantes du monde. Dès 1975, un réseau d’oléoducs sous-marins pouvait charrier jusqu’à 700 000 barils par jour. Acheminé jusqu’au port écossais d’Aberdeen, le pétrole octroya aux Écossais la large autonomie qu’ils appelaient de leurs vœux, chance que n’eut jamais l’Irlande du Nord. De l’autre côté de la mer, conseillés par un Irakien et un Iranien, les Norvégiens rattrapèrent rapidement leur retard technologique et imposèrent la préservation prudente de leurs réserves. L’Alaska et la mer du Nord seraient les dernières grandes réserves de pétrole classique découvertes. Les réserves subséquentes allaient nécessiter davantage de technique : forage offshore, puits horizontaux, « forçage » du brut par injection de liquide sous pression, etc. Au cours des années 1970, les pétroliers s’intéressèrent aux champs difficilement exploitables : les décevants champs au large du Viêt Nam et les sables bitumineux de l’Alberta au Canada (le pétrole lourd restait cependant non rentable pour le moment). A cette heure, au terme d’une impeccable carrière, Pierre Guillaumat se laissait convaincre par un charlatan, au nom de la France, d’acheter pour 600 millions de francs des « avions renifleurs » de pétrole… Pour autant, l’Alaska et la mer du Nord ne produisirent jamais assez de pétrole pour bouleverser l’ordre établi. Tout juste l’Alaska parvint, avec ses 2 Mb/j, à interrompre le déclin américain jusqu’en 1985. Les champs d’Alaska déclinèrent dès 1988. En mer du Nord, la production atteignit 6 Mb/j dans les années 1990. Économes, les Norvégiens purent prévoir à la fin des années 1970 le pic de production autour de l’an 2000. Il arriva en 1999 pour le Royaume-Uni, en 2001 pour la Norvège.
Il était désormais évident pour chacun que la dernière goutte de pétrole conventionnelle serait puisée au Moyen-Orient, vraisemblablement en Arabie saoudite. Pour les Occidentaux, il s’agissait désormais de se faire, autant que faire se pouvait, de puissants alliés dans la zone. Aux États-Unis, certains craignirent que les richissimes saoudiens puissent racheter toute la dette de l’Etat américain et toutes les actions des marchés boursiers. Kissinger et Bennett (haut cadre de la Jersey de 1955 à 1971 puis chargé de mettre en place le nouveau système monétaire après Bretton Woods) échafaudèrent un plan ; trois mois après l’embargo, le 8 juin 1974, l’Arabie saoudite signa un colossal programme d’assistance économique et militaire. Une manière efficace de s’assurer que les pétrodollars étaient réintroduits dans l’économie américaine. Sa mission accomplie, Bennett retourna chez Exxon en tant que directeur financier et vice-président de 1975 à sa retraite en 1989. Un jeune et brillant banquier américain, David C. Mulford, devint le conseiller en investissement de l’Arabie saoudite jusqu’en 1983, tâche titanesque lui faisant brasser des centaines de millions de dollars par jour. Dès 1974, le flot de dollars investis par les Saoudiens dans les États-Unis (par des bons du Trésor ou par certificats de dépôts dans les banques privées, surtout la Chase et la Citibank) était au moins deux fois supérieur aux achats américains de pétrole saoudien (malgré le choc pétrolier). En 1974, sur les 26 milliards qu’ils perçurent grâce au pétrole, les Saoudiens investirent 5 milliards de dollars aux États-Unis. En 1976, ils investirent 60 milliards de dollars chez l’Oncle Sam. En 1979, l’Arabie saoudite devint la première détentrice de bons du Trésor américains, finançant la dette américaine.
Les États-Unis importaient le quart de leur pétrole en 1970, puis environ la moitié en 1979, dont 20% venait d’Arabie saoudite. Or, en 1974, Riyad contrôlait 60% de l’Aramco, devenant actionnaire majoritaire. Jusqu’à ce qu’ils perdent la majorité actionnariale, les Américains assurèrent aux Saoudiens qu’ils étaient assis sur 90 milliards de barils de réserves prouvées. La bascule actionnariale révéla que ce chiffre était « ultra-conservateurs » ; les Saoudiens réalisèrent en 1973 que le véritable nombre était de 245 milliards de barils, soit le tiers des réserves mondiales connues à l’époque ! Pire : les Américains n’avaient pas rendu les armes sans ordonner de pomper le plus rapidement possible fin 1973, menaçant d’endommager les champs. Une enquête du Sénat américain prouva ce surpompage et que la CIA, la NSA et Petroleum Intelligence Weekly, une agence d’information très réputée dans le milieu, avaient couverts les faits. Yamani s’opposa à l’enquête sénatoriale américaine et le rapport sorti en 1979 fut sans substance : les comptes seraient réglés en interne, avant la nationalisation de l’Aramco en 1980. La censure sénatoriale fut votée par un allié de Nelson Rockefeller mais également par Joe Biden, sénateur du Delaware (où est enregistrée l’Aramco), futur vice-président de Barack Obama (2009-2017) et président américain (2020-2024).
Suite à l’embargo, les États-Unis fondèrent néanmoins, 11 février 1974, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), censée regrouper les pays de l’OCDE en une voix contre l’Opep. La France refusa de rejoindre l’alliance, sûrement pour ne pas fâcher les pays exportateurs de pétrole, mais l’AIE s’installa tout de même à Paris, dans une annexe de l’OCDE. Alors que les États-Unis devenaient le premier fournisseur d’armes du Moyen-Orient, Kissinger annonça début 1975 qu’un plan d’invasion pour saisir les puits de pétrole était prêt, s’il fallait un jour en arriver là.
Sources (texte) :
Auzanneau, Matthieu (2021). Or noir, la grande histoire du pétrole. Paris : La Découverte, 890p.
LeVine, Steve (2007). The Oil and the Glory, the pursuit of empire and fortune on the Caspian Sea. New York : Random House, Inc., 472p.
Sources (images) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Messmer (Messmer)
https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/parc-nucleaire-mondial-production-delectricite (production électrique nucléaire)