L’histoire du pétrole (partie VIII) : du Proche-Orient d’après guerre aux Années folles (1916-1929)
Rappel : La Première Guerre mondiale, en sus d’être un accélérateur de l’industrie et de donner naissance à la pétrochimie, s’avéra surtout un tournant pour l’utilisation militaire du pétrole. Déjà utilisé comme lubrifiant pour les armes ou conservateur pour les aliments, la Grande Guerre révéla le pétrole comme un carburant indispensable tant pour la marine que pour les chars d’assaut et l’aviation naissante. Pour la première fois, les puits de pétrole devinrent des objectifs stratégiques primordiaux : l’entrée en guerre du côté de l’Entente de la Roumanie en août 1916 fit davantage souffrir l’Empire allemand en cela qu’une source d’approvisionnement en pétrole lui était enlevée ; Berlin essaya, en vain, de récupérer ces champs fin 1916 et n’eut pas plus de succès pour le pétrole de Bakou en 1917, malgré l’armistice avec la Russie. L’Entente s’appliqua à systématiquement saboter les puits qui lui échappaient. En Mésopotamie, le Royaume-Uni défendit âprement ses puits, tandis que la France réclama en urgence aux Etats-Unis du pétrole fin 1917 pour tenir. Les conséquences géopolitiques de la Première Guerre mondiale, surtout dans le Caucase en au Proche-Orient, s’étendirent sur le début des années 1920. L’URSS s’ouvrit un temps aux Occidentaux avec la politique du NEP avant que Staline ne décide de durablement fermer la porte pour une cinquantaine d’années.
Au sortir de la Première Guerre mondiale, le président Wilson eut beau jeu de déclarer : « aucune nation ne devrait tenter d’étendre son autorité politique sur une autre ». Les États-Unis, notamment à cause du pétrole, allaient pourtant bien souvent contrevenir à ce principe. Le dépeçage de l’Empire ottoman en donna un exemple. Le 21 décembre 1915, le diplomate français François Georges-Picot, convaincu de la mission civilisatrice de la France, et le diplomate britannique Sir Mark Sykes, de la haute aristocratie, commencèrent à négocier le partage de l’Empire ottoman pour l’après-guerre. Le 16 mai 1916, l’accord Sykes-Picot fut signé, déterminant une ligne de partage du Proche-Orient principalement entre les deux puissances, partant du port d’Haïfa en Palestine et allant jusqu’à la frontière perse, entre Mossoul et Kirkouk. Au sud de cette ligne la zone rouge, britannique, au nord la zone bleue, française. Ainsi, Mossoul, sise sur une immense réserve de pétrole, revenait à la France. Les Britanniques décidèrent par ailleurs de soutenir les sionistes, à la fois pour ne pas risquer un partage de la Palestine, utile zone tampon défendant le canal de Suez dont le pétrole constituait l’essentiel du fret, mais aussi pour gagner le soutien de 2 millions de juifs américains pouvant faire pression sur Washington, qui refusait encore à cette heure d’entrer en guerre.

Cette stratégie fut plus tard entérinée par la proclamation de Balfour le 2 novembre 1917. En juin 1916, Hussein, chérif de La Mecque dirigeant la dynastie hachémite, souleva la population contre l’Empire ottoman. Le 16 octobre, Thomas E. Lawrence, officier de liaison britannique de 28 ans, débarqua en Arabie pour organiser le soulèvement du Hedjaz, la région de La Mecque. Il promit à Hussein et l’un de ses fils, l’émir Fayçal, que Londres ne souhaitait que l’indépendance des Arabes. En parallèle, « Lawrence d’Arabie » contacta l’ennemi juré du clan hachémite : Abd al-Aziz Al Saoud, de la dynastie des Saoudiens. Lors des révolutions russes, l’accord Sykes-Picot, resté jusque-là secret, fut fâcheusement publié par les bolchéviques. Alors, Londres octroya davantage de fonds aux hachémites et promit le trône de Damas, pourtant en zone française. Le 3 octobre 1918, les forces arabes de Fayçal entrèrent dans Damas avant les troupes britanniques. Le 6, le Premier ministre britannique, David Lloyd George, en visite à Paris, souhaita revenir sur l’accord Sykes-Picot non pas pour donner une quelconque indépendance aux Arabes, mais pour récupérer Mossoul, contrôlée par les troupes britanniques.

Ce n’était pas dû au hasard : un amiral avait prévenu le gouvernement que Mossoul contenait « les plus grandes ressources non développées [de pétrole] connues à ce jour dans le monde » et que « la puissance qui contrôle les terres pétrolifères de Perse et de Mésopotamie contrôlera la source de production de la majorité du carburant liquide du futur. » Le secrétaire du cabinet du Premier ministre insista sur l’importance stratégique de sécuriser l’accès à ces champs « avant la prochaine guerre » ; un « objectif militaire de première classe ». En novembre 1918, Londres conditionna son soutien concernant la restitution de l’Alsace-Moselle à la France à l’abandon des prétentions françaises sur Mossoul. La France, en plus de la récupération de ses terres perdues en 1871, avait également des vues sur le charbon de la Ruhr. Les deux plus gros trésors de guerre étaient d’ordre énergétique. Alors, Clemenceau offrit à Lloyd George ce qu’il voulait : Mossoul et Jérusalem. La France n’avait pas les moyens d’occuper militairement le nord de la Mésopotamie mais réclama en contrepartie de l’abandon de ses prétentions un accès égal au pétrole de cette région.
Alors que les négociations se faisaient de plus en plus compliquées entre les deux empires coloniaux en 1919, les Arabes réclamaient leur indépendance. Arnold Wilson, le commissaire de l’Empire britannique en Mésopotamie, leur répondit que la déclaration franco-britannique de novembre 1918 n’était que « sornette ». En avril 1920, la conférence de San Remo en Italie vit les mandats au Proche-Orient confirmés et un « Accord sur les pétroles » signé par Lloyd George et Alexandre Millerand (ministre des Affaires étrangères et président du Conseil français). Comme les accords de l’avant-guerre le prévoyaient, la moitié de la TPC revint à l’Anglo-Persian Oil Company, un quart à la Royal Dutch Shell et le quart réservé aux Allemands revint aux Français. Gulbenkian joua à nouveau un rôle décisif, orientant la Royal Dutch Shell vers la France. À l’origine, 20% des bénéfices des futurs concessions pétrolière devaient revenir aux Mésopotamiens mais la clause fut rapidement enterrée. Les Américains ne tardèrent pas à contre-attaquer pour avoir leur part du pétrole de Mésopotamie. La Standard Oil of New Jersey de Teagle ne pouvant demander, seule, au gouvernement américain de faire pression en ce sens (le gouvernement ne pouvait prendre fait et cause pour une seule compagnie), persuada les plus grandes entreprises du secteur de faire front uni.

Pendant ce temps, le 14 juillet 1920, la France, jugeant l’émir Fayçal incapable de ramener l’ordre et trop à la solde des Britanniques, le chassa du trône sur lequel Londres l’avait placé quatre mois plus tôt, en Syrie. Dans le mandat britannique de Mésopotamie, la situation, tournant à l’insurrection, était autrement plus préoccupante. Quelque 100 000 combattants des tribus chiites et nationalistes arabes sunnites alliés à Fayçal s’attaquèrent aux 70 000 soldats britanniques sur place, essentiellement indiens. Churchill proposa alors l’utilisation du gaz moutarde contre les « indigènes récalcitrants », affirmant : « Je suis fortement favorable à l’utilisation du gaz contre les tribus non civilisées. L’effet moral pourrait être bon et les pertes de vie réduites au minimum. Il n’est pas nécessaire de recourir seulement aux gaz les plus mortels. » Du fait d’un manque d’équipement adéquat, Londres n’y eu finalement pas recours et préféra les bombardements aériens et les incendies punitifs de villages. L’insurrection fut matée en mars 1921, après avoir fait 8 400 morts côté arabe et 2 300 côté britannique.

À Londres, on ne remit pas en cause le bien-fondé de la violence mais seulement la rentabilité de l’opération, après que le Times a rappelé la dépense de « 40 millions de livres sterling par an pour des Mésopotamiens semi-nomades ». Pour économiser, Londres décida de donner à ce peuple un pays, dont les contours furent dessinés Au Caire lors d’un colloque du 13 au 20 mars 1921, et un roi, Fayçal, chassé de Damas par la France. Ainsi, le 23 août 1921, Fayçal Ier d’Irak s’assit sur un nouveau trône octroyé par les Britanniques. Qu’importe le traité de Sèvres (août 1920) promettant aux Kurdes le droit à l’autodétermination après l’effondrement de l’Empire ottoman, les Britanniques avaient décidé de les intégrer à l’Irak naissante, sans les consulter, naturellement. Londres finit le travail en écrasant des rebellions kurdes dans le nord du pays par des bombardements en 1922 et 1924.
Privée du pétrole russe, la Royal Dutch Shell proposa une fusion avec l’Anglo-Persian Oil Company, la première disposant d’un réseau mondial, la seconde de la moitié des parts de la TPC, afin de faire régner les Britanniques sur le pétrole de Mésopotamie tout en faisant rebasculer le contrôle de la Shell du côté britannique. La Shell demanda à Churchill, leur adversaire intraitable lors de la création de l’Anglo-Persian Oil Company, de défendre leur cause. Churchill demanda 10 000 livres pour ses services de lobbyiste. Mais l’élection du premier gouvernement travailliste de l’histoire britannique en janvier 1924 empêcha le projet d’aboutir. Pourtant, le secteur du charbon était sur un évident déclin au Royaume-Uni. S’il y avait 100 000 mineurs de plus qu’au pic de production de 1913, les 1 200 000 ouvriers tombaient toujours plus nombreux dans le chômage.
Au Proche-Orient, Londres craignait que la France et les États-Unis n’encouragent les Trucs à s’emparer de Mossoul pour avoir une meilleure part du gâteau. Suite à des révélations d’espion, Churchill décida en août 1922 d’octroyer 12% de la TPC aux Américains, qui finirent par en obtenir le double. Ainsi, Gould Oil, Texaco et les Standard Oil of New York et New Jersey, les quatre plus grandes compagnies américaines, furent invitée au Moyen-Orient, pour la première fois. Pourtant, seules les deux filles aînées de la Standard Oil restèrent au-delà des années 1930, les deux autres revendant leurs parts et abandonnant le marché. Paris rejeta une alliance avec la Royal Dutch Shell en 1920 et Poincaré confia la création d’une compagnie entièrement française au polytechnicien Ernest Mercier en 1922 pour exploiter son quart de la TPC. La Compagnie française des pétroles (CFP), future Total, était une entreprise privée, bien que l’Etat puisse approuver ses directeurs. Les Rothschild en étaient des acteurs clefs.
En 1925, les occidentaux engagèrent les 28 meilleurs géologues du monde (dont le Français Pierre Viennot) pour percer les puits aux meilleurs endroits en Irak. Fayçal accorda des concessions aux occidentaux, excepté les 20% des revenus réservés aux locaux, comme l’avait promis l’accord de San Remo. Deux ministres de Fayçal démissionnèrent ; l’entreprise, renommée Iraq Petroleum Company, ne donnerait en réalité que des royalties aux locaux. Un modèle qui fut ensuite copié partout au Moyen-Orient. Gulbenkian, pour sa part, s’accrocha à ses 5% et chercha à imposer aux autres parties les statuts originels de la compagnie, en 1914, rappelant que sur ce qui fut le territoire ottoman, aucun partenaire ne pouvait acquérir une concession sans en faire profiter les autres. Depuis Paris, seul avec une armée d’avocats contre les plus grandes entreprises pétrolières de la planète soutenues par les plus puissants gouvernements du monde, il obtint gain de cause après trois ans de subtiles négociations. L’Anglo-Persian Oil Company, la Shell, la CFP et les compagnies américaines gardaient chacune 23.75%* des parts de l’Iraq Petroleum Company, Gulbenkian 5%. Mieux, Gulbenkian traça lui-même au crayon rouge une ligne englobant les territoires concernés, prenant en compte la péninsule arabique entière ainsi que le Koweït et une partie du golfe Persique. L’accord de la « ligne rouge » força les compagnies britanniques, américaines et françaises à se partager les plus grandes réserves de la planète encore à découvrir.
*Les compagnies américaines se partageaient 23.75%.
Restait la question de l’acheminement. La France plaida pour un oléoduc reliant Mossoul au Liban, le chemin le plus court, mais également celui permettant à Paris de contrôler tout le flux. Les Britanniques préférèrent un oléoduc reliant Mossoul au port palestinien d’Haïfa, sous mandat britannique. Teagle, dirigeant la Standard Oil of New Jersey, trancha. La France ayant, depuis deux ans, imposé sur son territoire l’utilisation de ses raffineries et un quota d’importation, n’avait pas les faveurs américaines. Paris joua, en vain, sa dernière carte : convaincre Fayçal de reprendre le trône de Syrie. Alors, la France accepta un compromis : un oléoduc débouchant à la fois à Tripoli (Liban) et à Haïfa (Palestine), ce qui en faisait les deux plus longs oléoducs jamais construits. C’était alors le plus grand chantier du monde, il dura 13 ans. En France, le Parlement ratifia le 25 juillet 1931 une convention portant à 35% la participation de l’Etat dans le capital de la CFP, avec 40% des droits de vote.
Mais ne sautons pas trop rapidement la décennie 1920. Les « années folles » en France, les « Roaring Twenties » dans le monde anglo-saxon, débutèrent par une violente crise de surproduction pour l’industrie du pétrole. Après les temps fastes de la Grande Guerre, la demande retomba. Surtout que, aux États-Unis, les ventes d’automobiles s’effondrèrent en 1921, du fait d’un marché saturé. La baisse de régime ne dura pas. Suite à la Première Guerre mondiale, Wall Street était devenu la première place financière du monde et elle se lança dans des investissements tous azimuts dans l’urbanisation, la standardisation et l’électrification du pays. Or, tout ceci requérait du pétrole. Le pays venait de prendre le virage de la production de masse et du consumérisme. Deux présidents républicains, se succédant à la Maison Blanche, favorisèrent cet engouement, notamment en baissant les impôts sur les plus fortunés et en défendant le secteur privé : Warren Harding (1921-1923) et Calvin Coolidge (1923-1929). La FED, quant à elle, octroya des crédits peu chers avec des taux d’intérêts très bas, tout en permettant la création monétaire rapide (les banques pouvaient n’avoir que de faibles niveaux d’encours). Des millions d’Américains découvrir le crédit à la consommation, s’endettant toujours plus pour vivre au-dessus de leurs moyens.

Dans les jours suivants son investiture, le président Harding visita les champs pétroliers de l’Oklahoma. Il faut dire que si Harding connaissait bien Sinclair, il était également le partenaire de jeu au poker de Teagle, le dirigeant de la Standard Oil of New Jersey. De loin les premiers producteurs de pétrole dans le monde et pourtant importateurs nets de pétrole après la Première Guerre mondiale, du fait de la consommation nationale, les Washington craignait l’épuisement de ses puits. Le pays était devenu accro à son propre pétrole et n’en avait pas assez. Or, en 1920, les champs pétroliers les plus importants (Pennsylvanie, New York, Virginie occidentale et Ohio) s’engageaient sur un clair déclin. Ceux découverts en Indiana, au Kansas et au Nebraska n’étaient pas assez généreux ; seuls ceux du Texas et de l’Oklahoma prenaient plus ou moins la relève. En 1920, le directeur du Bureau d’études géologiques des États-Unis déclara : « La position des États-Unis du point de vue du pétrole peut au mieux être qualifiée de précaire. »
Mais le littoral occidental, qui commençait à être exploité, se révéla particulièrement riche en pétrole. La Californie remplaça les anciens champs pétroliers, permettant aux États-Unis d’accélérer encore la cadence. Les grandes compagnies pétrolières se ruèrent sur cette nouvelle manne, mais pas seulement. Sinclair et Edward L. Doheny, deux pétroliers indépendants, furent plus qu’intéressés lorsque le président Harding, en 1921, autorisa la concession de trois champs pétroliers intacts jusque-là réservés à l’US Navy : deux en Californie et un dans le Wyoming. Le nom de ce dernier rappelait sa forme géologique : le Teapot Dome (Dôme de la théière). Sinclair et Doheny, en compétition, versèrent chacun de conséquents pots-de-vin. Le 27 juillet 1923, le président Harding prononça un discours écrit par Herbert Hoover, éminent géologue et futur président, sur les « ressources pétrolières incommensurables » découvertes au-delà du cercle polaire (non exploitable avec les techniques de l’époque). Ce fut son dernier discours, il décéda le 2 août à son retour d’Alaska. Calvin Coolidge, le vice-président, prit sa suite. La révélation du scandale du Teapot Dome juste après la mort d’Harding entraîna la chute de Sinclair en 1923.
Malgré un pétrole plus lourd donc moins facile à raffiner, les extractions d’or noir triplèrent en Californie en une décennie, fournissant presque le tiers de la production nationale. La première mégapole du XXe siècle, Los Angeles, se forma alors. C’était une ville pensée pour la voiture. Son port, San Pedro, devint la principale base de ravitaillement de l’US Navy dans le Pacifique et le principal port d’attache de la flotte jusqu’à l’établissement à Pearl Harbor sur Hawaï, en 1940. L’Etat était un client important et fidèle. En 10 ans, Los Angeles passa de 500 000 habitants à 1,2 million, elle devint en 1920 la 10e ville des États-Unis, puis la 5e en 1930. En 1925, il y avait 1 voiture pour 1.6 habitant à Los Angeles, un taux seulement atteint à la fin des années 1950 pour le reste des États-Unis et plus tard encore en Europe. Les usines automobiles et les stations essence se multiplièrent autour de la ville, qui elle-même s’organisait autour de Signal Hill, cœur de l’exploitation pétrolière, surnommée « Colline Porc-épic ». À mesure des épuisements des champs, les puits quittèrent progressivement la ville, puis s’aventurèrent dans le Pacifique dans les années 1960, avant le déclin des champs de Californie qui débuta en 1986. Plus de la moitié des puits de Californie étaient sous contrôle d’entreprises pétrolières de la côte Est, notamment la Standard Oil of California (SoCal), fondée en 1900, dont les navires firent un temps le tour du cap Horn pour rejoindre San Francisco, avant que ne soit percé le canal du Panama. La SoCal acheta une bonne partie des puits de Californie à partir de 1920 et resta l’une des plus importantes majors, plus tard connue sous le nom de Chevron. En 1929, la production de pétrole de la Californie était 10 fois supérieure à celle jamais atteinte par la Pennsylvanie, compensant largement le déclin des anciennes régions pétrolières.

À Los Angeles, il était plus compliqué de trouver de l’eau que du pétrole. Beverly Hills ne devint un quartier chic que parce que les promoteurs n’y trouvèrent que de l’eau. L’or noir participa d’ailleurs à bâtir la machine hollywoodienne (les studios Métro Goldwyn Mayer y furent fondés en 1924), tout comme il finança la création du California Institute of Technology (« Caltech »), l’un des meilleurs centres de recherche du pays, inauguré en 1921. Caltech accueillit bientôt Albert Einstein et Robert Oppenheimer, forma des géologues et ingénieurs auxquels les majors du pétrole eurent le plus recourt et fut décisif dans l’émergence de l’industrie aéronautique américaine. Le premier président de l’Institut, Millikan, reçut le Nobel de physique en 1923 pour une expérience menée lorsqu’il était salarié à l’université de Chicago, fondée par John D. Rockefeller. Entre 1923 et 1926, l’escroc Courtney Chauncey Julian arnaqua des célébrités et des milliers de petits épargnants pour financer des puits jamais forés. Avec le scandale du Teapot Dome, cette arnaque fut un des symboles majeurs de la « décennie de débauche et d’égoïsme collectif » dénoncée par Franklin D. Roosevelt durant la Grande Dépression des années 1930.
Sources (texte) :
Auzanneau, Matthieu (2021). Or noir, la grande histoire du pétrole. Paris : La Découverte, 890p.
LeVine, Steve (2007). The Oil and the Glory, the pursuit of empire and fortune on the Caspian Sea. New York : Random House, Inc., 472p.
Sources (images) :
https://ar.inspiredpencil.com/pictures-2023/sykes-picot-agreement (accords Sykes-Picot)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Edward_Lawrence (T. E. Lawrence)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Calouste_Gulbenkian (Gulbenkian)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fay%C3%A7al_Ier (Fayçal Ier d’Irak)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Calvin_Coolidge (Coolidge)
https://www.goodfreephotos.com/united-states/california/los-angeles/oil-field-in-long-beach-1920-in-the-greater-los-angeles-area-california.jpg.php (Los Angeles, 1920)