L’histoire du pétrole (partie IV) : Face à Rockefeller, les Nobel et les Rothschild à Bakou (1873-1891)

L’histoire du pétrole (partie IV) : Face à Rockefeller, les Nobel et les Rothschild à Bakou (1873-1891)

Rappel : Dès la fin du XIXe siècle, le pétrole se révéla être multiusage. L’industrie, sans avoir à véritablement le retravailler, pouvait utiliser le pétrole pour éclairer, chauffer, lubrifier, nettoyer, protéger, propulser… Ceci étant, tout comme pour le passage du bois au charbon, on aurait tort de penser qu’une transition énergétique s’opéra avec le pétrole. Aucune transition énergétique n’advint jamais dans l’Histoire. L’humain n’a eu de cesse d’accumuler les sources d’énergies pour les utiliser plus efficacement, repousser les limites physiques et rejeter dans le lointain le spectre de la pénurie. Ainsi, on utilisa plus de bois encore après l’adoption du charbon (pour soutenir les galeries minières ou bâtir des voies ferroviaires, par exemple). Le progrès technique amène à produire plus de machines ou à pousser les machines à accomplir davantage, non à économiser de l’énergie.

Au demeurant, la Standard Oil ne fut pas la seule grande entreprise dans l’industrie pétrolière. En 1873, Robert Nobel, frère ainé de la fratrie des industriels suédois, passa par Bakou. L’exploitation pétrolière y était victime d’immobilisme, la production faible, le raffinage souvent mauvais et le transport lent. Jusqu’alors, la Russie tsariste corrompue avait imposé une rotation des propriétaires des concessions tous les quatre ans. Pour chaque propriétaire successif, il s’agissait donc d’extraire et de vendre le plus de pétrole possible dans le temps imparti, une vision nécessairement court-termiste dans laquelle raffiner le pétrole n’était pas envisagé. C’est pourquoi le pétrole russe était inférieur en tout point à celui produit par Rockefeller aux États-Unis, notamment au niveau du prix et de l’émission de fumée. Or, dans la capitale russe (St Pétersbourg), située très au nord, les journées étaient très courtes la moitié de l’année. Si bien qu’en 1870, St Pétersbourg préférait acheter le lointain pétrole (kérosène) américain, de meilleure qualité, pour se chauffer sans s’enfumer la nuit. Constatant le succès du pétrole américain, le gouvernement russe pressa le tsar Alexandre II de réagir. En 1872, celui-ci leva le frein.

Alexandre II Romanov (1818-1881), tsar de Russie et roi de Pologne (1855-1881).

En mars 1872, la vente aux enchères de 1 300 hectares de terrains pétrolifères fut autorisée par l’Etat, engendrant la spéculation et le début du boom pétrolier russe. La famille Nobel, déjà célèbre pour l’invention, par le benjamin, Alfred, de la dynamite en 1867, était solidement implantée en Russie. Ludvig, le cadet, était un important fournisseur de matériel de l’armée russe (fourgons, affûts de canons, obus, mines, fusils, …). Robert, l’aîné, était d’ailleurs venu à Bakou acheter du bois pour fabriquer des crosses de fusils, sur demande de Ludvig. Au lieu de s’acquitter de cette tâche, convaincu par ce qu’il découvrit à Bakou, Robert décida de racheter une concession pétrolière et une petite raffinerie avec les 25 000 roubles que lui avait confiés son frère. Robert fonda alors la Branobel (contraction de « frères Nobel » en russe). Chimiste, Robert améliora la qualité du brut avec de la soude caustique. Il engagea par ailleurs un chimiste suédois, premier scientifique embauché par une compagnie pétrolière. Les 300 premiers barils de la Branobel parvinrent à Saint Pétersbourg en octobre 1876. C’était le début de la fin pour le monopole américain de Rockefeller en Russie. Ludvig rejoignit son frère à Bakou, comprenant que l’industrie pétrolière dépassait celle de l’armement en profits. Alfred, depuis Paris, négociait quant à lui des accords financiers ; surtout un prêt du Crédit lyonnais, sans doute le premier prêt gagé sur la production pétrolière future. Ludvig et Robert apportèrent plusieurs innovations techniques au procédé du raffinage, copiées partout.

Robert Nobel (1829-1896), homme d’affaires et investisseur suédois, pionnier de l’industrie pétrolière.

En 1877, Ludvig entreprit de construire un oléoduc pour économiser sur le transport et se départir de la dépendance aux transporteurs qui faisaient grève ou demandaient sans cesse des augmentations de salaire. Les tentatives de sabotage des conducteurs de charrette poussèrent Nobel à embaucher des cosaques tirant à vue. L’oléoduc fut terminé en un an et coûta 50 000 dollars (coût rentabilisé en un an). Personne n’avait voulu l’aider à financer l’affaire, mais plusieurs le payèrent ensuite pour que ses oléoducs transportent leur pétrole ; d’autres échouèrent à la copier. En janvier 1878, Ludvig Nobel commanda à un chantier naval suédois le tout premier navire-citerne à plusieurs compartiments (tank-steamer, appelé plus tard simplement tanker), qu’il avait lui-même dessiné. Il dessina son tanker avec plusieurs compartiments car des navires avec une unique cale, pleine de pétrole, avaient échoué à naviguer sur les eaux tumultueuses de la Caspienne, le pétrole se balançant de paroi en paroi et déstabilisant l’ensemble. A la fin de l’année 1878, le tout premier tanker transporta du pétrole, remontant jusqu’à Astrakhan. Le Zoroastre, 54 mètres de long, pouvait transporter 242 tonnes de kérosène. Américains, Britanniques et Allemands vinrent étudier le navire. Bien que remarquablement construits, un des tankers, un sistership (navire-jumeau) du Zoroastre explosa, tuant la moitié de l’équipage et provoquant la première marée noire de l’Histoire. Qu’importe, le transport du pétrole pouvait désormais se passer de barils. Cette innovation décisive de la Branobel, jamais brevetée, fut rapidement imitée. En 1889, un premier navire-citerne transversa l’Atlantique. Le pétrole devenait un marché mondial. L’or noir, présent en d’immenses quantités à Bakou, entraîna la construction de 200 petits ateliers de raffinage, valant à Bakou le nom de « Ville Noire ». En 1878, il y avait déjà 301 puits à Bakou. En 1879, plus doué pour les affaires, Ludvig prit seul la tête de la Branobel, Robert quitta Bakou.

Ludvig Nobel (1831-1888), ingénieur suédois et russe.

En août 1883, le forage Droujba (« Amitié ») vit son coffrage en béton de 7 mètres de haut rompre, le pétrole jaillit pendant plus de quatre mois à 60 mètres de hauteur. Bakou était assis sur des résidus vieux de 70 millions d’années. Une hypothèse scientifique veut que des centaines de milliers d’organismes se trouvèrent piégés dans la mer Caspienne lorsqu’elle se sépara de la mer Noire. Marco Polo décrivait déjà un gusher à cet endroit au XIIIe siècle. Cinq siècles plus tard, des dizaines de milliers de prolétaires azéris et persans y travaillaient nus dans des conditions atroces. Seul le paternalisme de la Branobel traita mieux ses ouvriers, bâtissant pour eux des logements, des écoles gratuites et redistribuant une part des profits aux travailleurs. D’autres barons se firent bâtir des palais de style vénitien ; la Ville Noire s’urbanisait à l’européenne tandis que ces mêmes barons engageaient des kotchis (mercenaires) pour régler les différends.

Au début des années 1880, la Branobel chassa la Standard Oil de Russie ; Rockefeller fut contraint d’abandonner le marché russe aux frères Nobel en 1883. Cette dernière tenait déjà et conserva cependant le marché européen, autrement plus stratégique. Deux autres compagnies faisaient concurrence à la Branobel en Russie. Celles-ci firent appel aux banquiers de la branche française des Rothschild (en particulier Alphonse), habitués à investir dans le rail et possédant même une raffinerie dans le sud de la France. Ceux-ci, malgré les « lois de Mai » antisémites adoptées par le tsar Alexandre III en 1882 (interdisant aux sujets juifs d’investir des capitaux en Russie), s’installèrent à Bakou. Ils y achetèrent un faux puits, furent cambriolés à plusieurs reprises, mais relièrent Bakou et la mer Noire par le train, transformant le petit port de Batoumi en ville-champignon. Un riche Arménien, encore jeune (19 ans), juste diplômé du King’s College de Londres, Calouste Sarkis Gulbenkian, future légende du pétrole, débarqua à Batoumi et la qualifia de « répugnante ». Batoumi devint, un temps, le premier port pétrolier du monde. Le pouvoir russe y établit une base navale. Les Rothschild y fondirent la Compagnie pétrolière de la Caspienne et de la mer Noire, connue par ses initiales en cyrillique : la Bnito. Les Rothschild acceptèrent de fournir des wagons à la Branobel, d’organiser leur transport, d’accorder au Suédois un prêt de 10 millions de dollars et s’associèrent finalement avec Ludvig Nobel pour bâtir un oléoduc (à l’aide de dynamite) à travers le Caucase en 1886. Celui-ci était le résultat d’une négociation de longue haleine avec le tsar qui acceptait mal de faire une croix sur les si lucratifs droits de douane qu’il percevait plus facilement sur les véhicules que sur tuyau.

Alphonse de Rothschild (1827-1905), banquier et philanthrope de la branche française des Rothschild.

Le 27 septembre 1886, proche de Bakou, le puits de Bibi-Heybat fit jaillir une source inédite de pétrole. À deux kilomètres de distance, la place de l’hôtel de Ville de Bakou fut inondée d’hydrocarbures en conséquence. Le puits éjectait alors chaque jour plus de pétrole que toutes les autres zones pétrolifères de la planète combinés, dont les 25 000 puits américains. Il fallut 15 jours pour maîtriser le puits, qui avait fait s’écouler l’équivalent de 1 400 000 barils de brut dans la mer Caspienne. Le propriétaire de ce puits, Zeynalabdin Tagiyev, un maçon démuni, avait acheté ce terrain en 1872 lors de la vente aux enchères de l’Etat russe. Le terrain, l’un des derniers vendus car jugé très peu susceptible de contenir du pétrole, avait été acheté par Tagiyev pour 906 livres sterlings (le prix de départ estimé était de 57 livres), soit toutes ses économies. Tagiyev devint extrêmement riche et se décida à contrôler toute la chaîne de production, ouvrant une raffinerie et maîtrisant jusqu’à la vente de son pétrole à Moscou. Dans le début des années 1880, la Branobel et la Bnito étaient les deux premières compagnies pétrolières du monde car la Standard Oil ne possédait pas encore de puits. A Bakou, tout le monde commença à creuser avec frénésie, même dans son jardin. La population fut décuplée en une décennie, passant de 14 500 à 80 000 puis à 207 000 en 1905. En 1891, les exportations mondiales de pétrole lampant se partageaient entre les États-Unis (71%) et la Russie (29%). La part de cette dernière n’allait cesser d’augmenter et atteindre la moitié du total au tournant du siècle. Pour autant, les faiblesses structurelles russes et sa lente montée en puissance avaient déjà lancé le pétrole américain.

Aux États-Unis, John D. Rockefeller, après avoir sécurisé l’intégration horizontale (prendre possession des raffineries) passait à son pendant vertical (production de pétrole, transport avant et après raffinage, bref, le reste du processus). En 1874, pour rassurer les compagnies de chemins de fer quant à l’assèchement des puits, Rockefeller offrit d’investir à leur place dans les infrastructures ferroviaires. Il prit ainsi le contrôle de nœuds de communication essentiels. Si bien qu’à la fin des années 1870, la Standard Oil était l’ordonnatrice du fret du pétrole entre le lac Érié et l’Atlantique. Seulement, Rockefeller ne s’alliait là qu’avec la Erie Railroad et la New York Central. Restait la plus puissante, la Pennsylvania Railroad de Scott, qui s’allia avec l’un des rares concurrents encore debout de la Standard Oil. Mais contester une hégémonie ne peut être efficace si on en est dépendant. Rockefeller arrêta un temps ses raffineries de Pittsburgh pour ne plus emprunter les lignes de la Pennsylvania Railroad. Cette dernière se trouva rapidement en difficultés, baissant les salaires du jour au lendemain, licenciant des cheminots par centaines. Éclata alors l’un des pires conflits sociaux de l’histoire des États-Unis : une grève générale des chemins de fer qui fit des dizaines de morts. Des centaines de locomotives furent brûlées. Scott déposa les armes et dut, pour rétablir ses finances, céder de nombreux actifs à la Standard Oil.

Dans les Oil regions, le réseau d’oléoducs, impératif, collectant la production de milliers de puits, appartenait à la Standard Oil. Le 21 novembre 1877, plusieurs producteurs de pétrole formèrent à Titusville un « parlement du pétrole » pour faire passer une loi en faveur d’un libre usage des oléoducs. La Standard Oil priva le texte d’un futur en corrompant le parlement de Pennsylvanie. Deux projets d’oléoducs furent alors lancés, dont un, d’une longueur inédite de 180 km, devait relier une ligne de chemin de fer indépendante permettant d’amener le pétrole à l’Atlantique sans passer par la Standard Oil. L’oléoduc devait, pour cela, faire franchir au pétrole un col de 800 mètres d’altitude avec des pompes (nous sommes 8 ans avant la construction de l’oléoduc de 68 km de la Branobel franchissant le col du Suram pour relier Batoumi et Bakou). Rockefeller fit tout ce qu’il pouvait pour ralentir ou faire échouer le projet : intimidation des fournisseurs, rachat des derniers concurrents qui pourraient être clients de l’oléoduc, acquisition de terrains sur le tracé obligeant à des déviations, corruption des élus locaux. Pourtant, l’oléoduc, débuté en novembre 1878, fut achevé en 1879. En 1882, la Standard Oil parvint à prendre le contrôle de 88.5% du trafic de l’oléoduc tout en en construisant quatre autres (vers Cleveland, Buffalo, New York et Philadelphie). Le 2 janvier 1882, toutes les holdings de l’empire Rockefeller furent rassemblées dans une structure opaque surpuissante : le « trust* » de la Standard Oil.

*Fusion de plusieurs entreprises dans le but de limiter la concurrence.

Le 1er mai 1885, Rockefeller quitta Cleveland pour installer le siège de la Standard Oil à New-York, sur Broadway, au plus proche du négoce et de la finance. Son entreprise était alors la plus puissante des États-Unis. Si le pétrole russe de la Branobel et de la Bnito prenait en importance, la Standard Oil n’en gagna pas moins un monopole sur les marchés français et britannique. En France, en 1885, les dix principales entreprises importatrices formèrent le « Cartel des dix » et s’entendirent pour ne se fournir que chez la Standard Oil, revendant ensuite le pétrole au même prix avec une belle marge. Pourtant, la Standard Oil devint vulnérable. Alors que les Oil regions représentaient les 3/4 de la production mondiale et la quasi-totalité de la production américaine, en 1881, les extractions de pétrole diminuèrent subitement. Le champ pétrolier le plus riche, celui de Bradford, exploité depuis 1871, fut avidement asséché en une décennie. En 1885, John D. Archbold, numéro deux de la Standard Oil, vendit une partie de ses actions de l’entreprise et fit part de son inquiétude à Rockefeller. En 1891, la Pennsylvanie atteignit son ultime pic avant l’irrémédiable déclin (l’exploitation du pétrole de roche mère lui donnera un nouveau souffle des années 1920 à la fin des années 1930). Il n’existait aucune autre zone pétrolière exploitée aux États-Unis.

En 1884, réalisant sa fragilité, Rockefeller avait ordonné de constituer d’importants stocks. Pourtant, John resta confiant en sa bonne étoile, face aux Cassandre, il répondit « Le Seigneur y pourvoira. » Et effectivement, la suite lui donna raison :  en mai 1885, près du village de Lima dans les plaines de l’Ohio, entre Chicago et Cleveland, un prospecteur de gaz naturel trouva du pétrole en grandes quantités. 250 derricks se dressèrent dans la plaine avant la fin de l’année. Alors que depuis le début, Rockefeller évitait de se risquer dans la production de pétrole, il y investit pour la première fois des millions de dollars. Alors que la Standard Oil achetait, forait, bâtissait des chemins de fer et des oléoducs, le pétrole de l’Ohio se révéla de piètre qualité. Fournissant moins d’huile par litre, émanant une odeur putride à cause du soufre, la Standard Oil ne put le vendre comme pétrole lampant. Rockefeller essaya dès lors de convaincre les compagnies ferroviaires d’utiliser davantage de pétrole pour leurs chaudières et fourneaux. Puis John embaucha « le Hollandais fou », le chimiste Herman Frash, en juillet 1886. Il fut le premier scientifique embauché à plein temps par la Standard Oil et parvint à débarrasser le pétrole de l’Ohio du soufre, donc de son odeur, en octobre 1888. L’innovation, immédiatement brevetée, fit la fortune de Rockefeller, qui acheta alors frénétiquement des terrains dans l’Ohio, en Virgine occidentale et dans le Kansas, partout où étaient forés des puits. La Standard Oil avait pleinement décidé d’absorber ce qui devenait sa nouvelle concurrence : les producteurs de pétrole. En 1891, la Standard Oil possédait un quart des puits des États-Unis. En 1898, un tiers. Il venait de créer le principe d’intégration verticale, que de nombreux industriels imiteront. Rockefeller fit alors du progrès scientifique sa priorité : il ouvrit l’université de Chicago en 1892, qui devint rapidement, grâce aux financements de la Standard Oil, l’un des plus prestigieux centres de recherche du monde, surtout en physique, économie et médecine.

Début 1890, la Standard Oil embauchait 100 000 salariés et maîtrisait les marchés américains et européens. Alors, les producteurs de Bakou s’intéressèrent à l’Asie. Le pétrole de la Standard Oil s’y vendait déjà mais c’était un marché secondaire. Les Rothschild contactèrent Marcus Samuel, un londonien de 37 ans. Celui-ci était le fils d’un négociant miséreux ayant commencé en vendant des bibelots ornés de coquillages. Ses deux fils, Marcus en tête, développèrent considérablement l’entreprise familiale après la mort de leur paternel, s’implantant au Japon pour y jouer un rôle dans l’industrialisation du pays. Samuel visita Bakou et prépara un plan planétaire avec les Rothschild, s’associant à la banque Worms de Paris, commandant des tankers et des wagons et négociant avec des locaux en Inde et en Extrême-Orient.

Sources (texte) :

Auzanneau, Matthieu (2021). Or noir, la grande histoire du pétrole. Paris : La Découverte, 890p.

LeVine, Steve (2007). The Oil and the Glory, the pursuit of empire and fortune on the Caspian Sea. New York : Random House, Inc., 472p.

Sources (images) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_II_(empereur_de_Russie) (Alexandre II de Russie)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Nobel (Robert Nobel)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludvig_Nobel (Ludvig Nobel)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_de_Rothschild (Alphonse de Rothschild)

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